Vers une interdiction de la publicité pour les vacances en avion ?
- Etienne De Nil
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Le week-end dernier, notre confrère le média bruxellois Bruzz relayait une information qui a fait tiquer plus d’un professionnel du tourisme, et pour cause. Depuis le 1er janvier, la ville d’Amsterdam interdit toute publicité dans l’espace public pour les voyages en avion, mais aussi pour les hamburgers et les voitures diesel. Une mesure forte, clairement assumée, qui s’inscrit dans une politique climatique plus large. La capitale néerlandaise ne fait d’ailleurs que suivre l’exemple de La Haye, où une interdiction similaire est déjà en vigueur depuis un an jour pour jour.
Cette décision municipale ne s’est pas faite sans résistance. L’an dernier, TUI Nederland et l’ANVR, l’équivalent néerlandais de la BTC (Belgian Travel Confederation), ont intenté une action en référé contre la municipalité de La Haye. Objectif: faire annuler ce décret jugé disproportionné et illégitime. Les arguments avancés portent notamment sur la liberté du commerce, l’insécurité juridique et le caractère sélectif de la mesure, qui cible certains produits mais pas d’autres formes de consommation à fort impact climatique. Faut il répéter que le trafic aérien et les voyages sont des services parfaitement légaux ?
La justice néerlandaise n’a toutefois pas suivi cette lecture. Les recours ont été rejetés, confirmant la légalité des décisions communales et leur cohérence avec les objectifs climatiques locaux. Un signal fort, qui dépasse les frontières néerlandaises et relance le débat ailleurs en Europe, y compris en Belgique où l’activiste climatique Anuna De Wever et l’écrivain David Van Reybrouck, pour ne citer qu’eux, inspirent un nombre croissant d’élus écolos de notre capitale et de sa région à ce sujet. Mais jusqu’où les pouvoirs publics peuvent-ils – et doivent-ils – aller pour orienter les comportements de consommation liés au voyage ?
Interrogé à ce sujet dans Bruzz, Frank Bosteels, CEO de la BTC, s’insurge contre ce qu’il qualifie être une mesure stigmatisante pour le consommateur et néfaste pour l’économie. « La question n’est pas de savoir s’il faut interdire, mais comment accompagner la transition. Le voyage fait partie de notre société et de notre économie. Plutôt que des interdictions draconiennes, il faut travailler sur l’offre, la transparence et l’information du consommateur, en impliquant les professionnels du secteur. »
Un débat qui ne fait sans doute que commencer.
ETIENNE
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