Ryanair frappée d’une amende record en Italie : un précédent qui pourrait secouer la distribution en Europe ?
- Etienne De Nil
- il y a 2 heures
- 2 min de lecture
En décembre 2025, l’Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a infligé à **Ryanair une amende de plus de 255 millions d’euros (≈ €256 M) pour abus de position dominante dans ses relations commerciales avec les agences de voyages.
Les faits
Selon l’AGCM, Ryanair a mis en place une stratégie visant à limiter l’accès des agences – en ligne et traditionnelles – à ses billets, en particulier lorsqu’il s’agissait de combiner ces vols avec d’autres compagnies ou services (hôtels, assurances).
Ce comportement concernait la période d’avril 2023 à avril 2025 sur les vols au départ ou à destination d’Italie, où Ryanair détient une importante part de marché (≈ 38–40 %).
La sanction représente l’une des plus fortes jamais prononcées par une autorité européenne contre une compagnie aérienne sur ce type de dossier.
Réponse de Ryanair et impact financier
Ryanair conteste fermement le jugement : la compagnie juge la décision « juridiquement infondée » et affirme que son modèle de distribution directe profite aux consommateurs en maintenant des tarifs faibles. Elle a engagé un appel immédiat de la sanction.
Dans ses résultats trimestriels récents (26 janvier 2026), Ryanair a provisionné 85 millions d’euros comme charge exceptionnelle liée à cette amende, estimant que seul un tiers du montant pourrait affecter ses comptes si le dossier n’était pas renversé par les tribunaux.
Impact immédiat sur résultats : sans cette provision, les résultats avant exceptional items restent robustes, mais le résultat net post provisions s’en trouverait réduit.
Risque de “boule de neige” en Europe ?
Vers d’autres sanctions ?
La décision italienne est scrutée de près par d’autres régulateurs européens, notamment ceux sensibles aux droits des agences et à la concurrence sur la distribution aérienne.
Déjà, au Portugal, des voix dans le secteur touristique se demandent si l’exemple italien ne pourrait pas inspirer des plaintes ou investigations similaires, même si rien d’officiel n’a encore émergé.
Enjeux réglementaires européens
Distribution et accès aux billets sont au cœur d’une bataille plus large entre compagnies low-cost (direct-to-consumer) et acteurs de la distribution traditionnelle/OTA.
Les autorités pourraient regarder de près :
l’accès équitable aux API (interfaces techniques permettant la vente par tiers) ;
la possibilité de combiner vols + services tiers sans contraintes techniques ou économiques injustifiées.
Si d’autres autorités nationales ou même la Commission européenne se saisissent du dossier, cela pourrait renforcer les contrôles sur les pratiques de distribution en aviation européenne.
Ce que cela signifie pour les agences de voyage
Plus de garanties de concurrence : Un arbitrage qui pourrait soutenir les agences dans l’accès aux inventaires aériens.
Plus de transparence : La décision met en lumière l’importance d’un accès clair aux tarifs et à la capacité de combiner produits.
Un possible précédent juridique : Si d’autres pays suivent, cela pourrait rééquilibrer le pouvoir entre transporteurs et distributeurs.
ETIENNE
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