TUI FLY : les 7 euros Belges, une excuse qui ne tient plus la route ?
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Quand TUI pointe la fiscalité belge, la comparaison avec ses autres marchés européens pose une question embarrassante : pourquoi 7 euros seraient-ils problématiques en Belgique lorsque la taxe atteint 30,25 euros aux Pays-Bas ?
TUI s'interroge sur le nombre d'avions qu'il maintiendra en Belgique et la fiscalité aérienne belge est pointée du doigt.
L'argument est simple : à force de taxer le transport aérien, la Belgique deviendrait moins attractive et les groupes internationaux pourraient déplacer leurs avions vers des marchés plus compétitifs.
Sur le principe, l'avertissement mérite d'être entendu.
Mais lorsqu'on regarde les chiffres européens, l'explication des 7 euros devient beaucoup moins convaincante.
La Belgique porte à 7 euros sa taxe passager pour les vols de plus de 500 kilomètres.
Aux Pays-Bas, elle atteint pourtant 30,25 euros en 2026. Et TUI y maintient une activité aérienne importante.
En France, la composante de solidarité atteint déjà 7,40 euros pour un passager Economy voyageant vers une destination européenne ou assimilée.
En Allemagne, premier marché historique de TUI, la taxation aérienne reste également supérieure au montant belge sur de nombreux vols.
Alors posons franchement la question :
Pourquoi 7 euros seraient-ils insupportables en Belgique lorsque TUI opère dans des pays où la taxation est nettement supérieure ?
Évidemment, une compagnie ne décide pas de baser un avion en fonction d'une seule taxe.
Salaires, charges sociales, redevances aéroportuaires, contrôle aérien, coûts environnementaux, utilisation des appareils, slots et rentabilité des lignes entrent tous dans l'équation.
Et c'est précisément pour cette raison que présenter les 7 euros comme l'un des symboles majeurs du problème belge paraît trop facile.
Si exploiter un avion en Belgique coûte réellement beaucoup plus cher qu'aux Pays-Bas ou en Allemagne, montrons l'ensemble de l'addition.
Car la comparaison fiscale brute ne suffit pas à démontrer que la Belgique est devenue le mauvais élève européen.
Et si les 7 euros masquaient surtout une autre réalité ?
TUI fly Belgium s'est déjà fortement contractée ces dernières années.
Le long-courrier propre au départ de Bruxelles a disparu, Liège a été abandonné et la base d'Anvers doit fermer.
Cette évolution avait commencé bien avant le passage de la taxe belge à 7 euros.
C'est là que les interrogations syndicales prennent tout leur sens.
Le véritable sujet n'est peut-être pas la taxe belge mais la place que TUI Group souhaite encore réserver à sa compagnie belge dans son organisation européenne.
Moins d'avions propres, davantage de mutualisation Benelux, concentration sur les bases les plus rentables et éventuellement davantage de capacité fournie par des partenaires : le modèle peut évoluer sans que TUI abandonne pour autant le marché belge.
Pour les agences de voyages, cette distinction est fondamentale.
TUI peut continuer à vendre énormément de voyages en Belgique tout en décidant progressivement de faire voler moins d'avions sous pavillon belge.
Une taxe bien pratique ?
Personne ne contestera que chaque taxe supplémentaire affaiblit un peu plus la compétitivité du transport aérien belge.
Mais il ne faudrait pas non plus que les 7 euros deviennent l'explication idéale de décisions stratégiques qui trouvent leurs origines ailleurs.
Car lorsqu'un même groupe aérien accepte d'évoluer sur un marché où la taxe passager atteint 30,25 euros, il devient difficile de convaincre le secteur belge que 7 euros constituent à eux seuls une raison suffisante pour déplacer des avions.
TUI a donc raison d'alerter les autorités belges sur les coûts.
Les syndicats ont tout autant raison de demander des explications sur l'avenir de la flotte.
Et le secteur belge du voyage est en droit de poser une troisième question, peut-être la plus importante :
Les 7 euros belges sont-ils réellement le problème… ou constituent-ils une justification commode pour une réduction de TUI fly Belgium déjà engagée depuis plusieurs années ?
À TUI maintenant de démontrer, chiffres à l'appui, où se situe réellement le handicap belge.
ETIENNE



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