Brussels Airport : des avions visés au laser... jusqu'où ira la guerre du survol ?
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Il y a les plaintes. Il y a les manifestations. Il y a les recours devant les tribunaux et le Conseil d’État. Tout cela appartient au fonctionnement normal d’une démocratie.
Et puis il y a les lasers.
Le phénomène est malheureusement bien réel : des pilotes sont régulièrement victimes de faisceaux laser dirigés depuis le sol, parfois durant les phases particulièrement délicates du décollage ou de l’atterrissage.
Une pratique irresponsable qui ne menace plus seulement le confort d'un pilote, mais potentiellement la sécurité d'un avion et de tous ses passagers.
NE PAS CONFONDRE CONTESTATION ET MISE EN DANGER
Le dossier du survol de Bruxelles est ancien, complexe et politiquement explosif.
Les riverains ont évidemment le droit de défendre leur qualité de vie, de réclamer une meilleure répartition des nuisances, de manifester et de saisir la justice ou le Conseil d’État.
Mais il faut également être très clair : à ce jour, rien ne permet d’établir un lien entre les actions légales menées contre certaines routes aériennes et les individus qui utilisent des lasers contre les avions.
L’amalgame serait donc injustifié.
En revanche, si un jour il était démontré qu'un individu dirige volontairement un laser vers un cockpit dans le but de protester contre le passage des avions, nous changerions totalement de registre.
Ce ne serait plus de la contestation.
Ce serait une mise en danger totalement inacceptable de la sécurité aérienne.
BRUSSELS AIRPORT N’EST PAS L’ENNEMI DE BRUXELLES
Il faut aussi rappeler une évidence parfois oubliée dans le débat sur les nuisances.
Brussels Airport n'est pas simplement un endroit où décollent et atterrissent des avions.
C'est l'une des principales portes d'entrée internationales de Bruxelles et de la Belgique.
En 2025, 24,4 millions de passagers y ont transité. L'aéroport représente environ 64.000 emplois directs et indirects et son impact économique a été évalué à quelque 5,4 milliards d'euros.
En 2026, Brussels Airport relie directement notre pays à 205 destinations grâce à 83 compagnies aériennes.
Tourisme, voyages d'affaires, institutions européennes, congrès, exportations, investissements étrangers, fret, industrie pharmaceutique : une partie de l'attractivité internationale de Bruxelles et de la Belgique repose directement sur cette connectivité.
Vouloir réduire systématiquement l'activité de Brussels Airport sans tenir compte de cette réalité économique reviendrait donc à prendre un risque.
Un grand aéroport international n'est pas seulement une nuisance à gérer. C'est également un outil économique à protéger.
BRUXELLES PEUT-ELLE SE PERMETTRE D'AFFAIBLIR SON AÉROPORT ?
La question mérite d'être posée.
Bruxelles accueille les principales institutions européennes et des milliers d'entreprises internationales.
Elle ambitionne d'être une capitale politique, économique, touristique et événementielle de premier plan.
Mais une capitale internationale a besoin d'une excellente accessibilité.
Amsterdam possède Schiphol. Paris dispose de Charles-de-Gaulle. Francfort possède son immense hub. Londres en compte plusieurs.
Bruxelles ne peut donc pas vouloir jouer dans la cour des grandes capitales européennes tout en fragilisant continuellement son principal accès aérien international.
Cela ne signifie évidemment pas donner carte blanche à l'aéroport.
La réduction du bruit, le renouvellement des flottes, l'utilisation d'avions plus silencieux et la recherche d'un équilibre avec les populations riveraines doivent continuer.
Il faut d'ailleurs rappeler qu'en 2025, 42 % des vols à Brussels Airport étaient déjà opérés avec les catégories d'avions les plus performantes sur le plan sonore, une proportion qui a plus que doublé en dix ans.
PROTÉGER LES RIVERAINS, MAIS AUSSI PROTÉGER L'AÉROPORT
C'est probablement là que devrait se situer le véritable débat belge.
Il ne devrait pas opposer systématiquement :
les habitants contre les avions, Bruxelles contre la Flandre, les riverains contre Brussels Airport.
Il devrait rechercher un équilibre durable permettant de protéger la qualité de vie sans sacrifier un outil économique stratégique pour l'ensemble du pays.
Car à force de rendre les opérations plus complexes, plus incertaines ou plus coûteuses, il existe également un danger : voir certaines compagnies aériennes préférer développer leurs capacités ailleurs.
Et une liaison aérienne perdue n'est pas toujours facile à récupérer.
ET LES LASERS DANS TOUT CELA ?
Ils constituent précisément la ligne rouge.
On peut manifester contre Brussels Airport.
On peut contester une route aérienne.
On peut réclamer moins de vols.
On peut saisir le Conseil d'État.
Mais on ne joue jamais avec la sécurité d'un avion.
Pour les professionnels belges du voyage, le message devrait donc être double :
oui au dialogue et au respect des riverains.
Oui aussi à la défense des opérations et du développement raisonnable de Brussels Airport.
Parce que protéger Brussels Airport, ce n'est pas uniquement protéger un aéroport.
C'est protéger la connectivité de Bruxelles, l'emploi, le tourisme, les entreprises et une partie de l'attractivité économique de la Belgique.
Et face à la concurrence grandissante des autres hubs européens, la Belgique devrait peut-être se poser une question beaucoup plus fondamentale :
avons-nous réellement les moyens d'affaiblir notre propre porte d'entrée sur le monde ?
ETIENNE



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