Sabena : 25 ans ... un quart de siècle...plus tard, les avions ont disparu, les questions restent
Le 7 novembre 2026 marquera les 25 ans de la faillite de la Sabena. Un quart de siècle après ce séisme social et économique, le souvenir demeure puissant dans le tourisme belge. Mais derrière l’émotion, une autre histoire mérite d’être racontée : celle d’une faillite dont les prolongements judiciaires ont traversé les décennies.
Le 7 novembre 2001, la Belgique perdait bien davantage qu’une compagnie aérienne.
Pour les salariés, les agences de voyages, les fournisseurs et les voyageurs, la disparition de la Sabena bouleversait des carrières, des habitudes et une certaine idée du pays. Plus de 8.000 emplois directs étaient concernés.
Pour les professionnels du voyage, la Sabena était un partenaire quotidien. Ses équipes commerciales, ses escales et son réseau accompagnaient le travail des agences. Derrière le célèbre « S » se trouvaient des collègues, des interlocuteurs et souvent des amis.
Un milliard récupéré : où est passé l’argent ?
En mai 2023, Christian Van Buggenhout, l’un des curateurs, annonçait que quelque 1,1 milliard d’euros avaient été récupérés.
Il défendait une gestion patiente des actifs, estimant qu’une liquidation précipitée n’aurait rapporté qu’environ 100 millions. Ces chiffres décrivent la situation annoncée à l’époque, pas un bilan définitif en 2026.
Un montant impressionnant, qui appelle une question naturelle : qu’ont effectivement reçu les créanciers ?
Récupérer des actifs ne signifie pas que chacun retrouve l’intégralité de son argent. Les répartitions dépendent notamment des créances admises, de leur rang et des frais de procédure.
Sans décompte actualisé de la curatelle, on ne peut donc annoncer sérieusement un pourcentage général de remboursement.
À l’approche de cet anniversaire, un bilan accessible permettrait de préciser les montants récupérés, les sommes distribuées et les dossiers restant à régler.
Une compagnie disparue, un dossier qui lui survit
La fin des vols n’a pas entraîné la disparition immédiate de tous les dossiers de la société. Un arrêt de la Cour de cassation du 24 octobre 2025 mentionne encore les curateurs agissant pour la Sabena en faillite dans une procédure impliquant Swissair.
Il atteste la persistance de suites judiciaires près de vingt-quatre ans après l’arrêt des opérations, sans permettre à lui seul de conclure à leur situation définitive aujourd’hui.
Cette distinction compte : la compagnie aérienne a cessé de voler en 2001, mais le règlement juridique et financier de sa disparition lui a longtemps survécu.
Et les responsabilités politiques ?
L’alliance avec Swissair, les choix de gestion et le rôle de l’État actionnaire restent au cœur du débat historique.
Une commission d’enquête parlementaire a d’ailleurs été constituée après la faillite.
Vingt-cinq ans plus tard, la question dépasse la recherche d’un responsable unique : quelles leçons la Belgique a-t-elle tirées de cet échec pour préserver sa connectivité, ses compétences aéronautiques et sa capacité à peser sur les décisions qui concernent son transport aérien ?
Pour les anciens de la Sabena, cet anniversaire aura forcément une dimension personnelle. Pour le secteur du voyage, il devrait aussi être l’occasion d’un bilan.
La mémoire mérite un hommage. Les salariés et les créanciers méritent également des réponses précises.
Le dossier Sabena conserve un prolongement judiciaire et financier : un différend de plusieurs millions d’euros avec Swissair restait documenté en avril 2026.
Aucune clôture définitive n’a pu être confirmée dans les sources publiques consultées au 31 octobre 2026. »
ETIENNE



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