Rebelote le 23 novembre : le voyage en a assez de vivre sous la menace des blocages !
Une nouvelle mobilisation nationale est annoncée à Bruxelles le lundi 23 novembre.
Pour les professionnels du voyage, cette date réveille une inquiétude devenue beaucoup trop familière : faudra-t-il encore rassurer les clients, surveiller les départs et préparer des solutions de secours ? À force, la lassitude tourne au ras-le-bol.
Soyons précis : l’appel lancé par la CSC, la FGTB et Synova concerne une manifestation nationale. Il ne permet pas d’annoncer aujourd’hui une grève générale ni des annulations de vols ou de trains.
Les syndicats dénoncent notamment la pression sur le pouvoir d’achat et les choix budgétaires du gouvernement. Ces préoccupations méritent d’être entendues.
Mais celles des professionnels du voyage méritent de l’être aussi.
Car derrière chaque menace de perturbation, il y a des entreprises qui doivent anticiper et des clients qui s’interrogent. Un départ en vacances, une correspondance, un voyage d’affaires, une croisière à rejoindre : tout ne peut pas se décaler au lendemain d’un simple clic.
Dans le tourisme, une journée perdue ne se rattrape pas toujours.
Lorsqu’un transport est annulé, la facture dépasse largement le billet. Il faut parfois revoir les transferts, prévenir les hôtels, modifier un circuit, retrouver des places et expliquer au voyageur pourquoi son séjour commence dans l’incertitude.
À l’agence, les heures consacrées à sauver les dossiers remplacent celles qui devraient servir à conseiller et à vendre.
Ce travail a un coût. Et ce sont aussi des salariés du secteur du voyage qui l’assument, avec leurs propres inquiétudes sur leur salaire, leur emploi et leur pension.
On peut défendre le droit de manifester et de faire grève tout en posant une question devenue incontournable : jusqu’où les autres travailleurs et les voyageurs doivent-ils supporter les conséquences de conflits sur lesquels ils n’ont aucune prise ?
Le secteur doit déjà composer avec les tensions internationales, les variations de coûts et les arbitrages de ménages attentifs à leur budget.
L’incertitude sur les déplacements ajoute une difficulté dont il se passerait volontiers.
Et puis il y a la confiance. À force de se demander si l’on pourra partir, certains clients peuvent être tentés de choisir un aéroport étranger ou de revoir leur projet.
Le risque, pour la Belgique, est de laisser s’installer l’idée qu’un départ depuis notre pays exige désormais un plan B.
Le gouvernement doit prendre ses responsabilités dans la concertation. Les organisations syndicales doivent mesurer les conséquences de leurs modes d’action.
Et les entreprises comme les voyageurs ont besoin d’informations suffisamment précises et suffisamment tôt pour pouvoir s’organiser.
À ce stade, personne ne peut dresser le bilan du 23 novembre avant qu’il ait eu lieu. Mais il n’est pas nécessaire d’attendre les premières perturbations pour exprimer une exaspération.
Les professionnels du voyage veulent travailler, faire partir leurs clients et préserver leurs emplois. Eux aussi ont le droit de demander un horizon plus serein.
Alors, où allons-nous ? Pour notre secteur, la réponse devrait rester simple : vers des voyageurs qui partent et des entreprises qui peuvent travailler. Il serait temps que cette priorité soit, elle aussi, entendue.
ETIENNE



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