Belgique : la grève, nouveau sport national ?
Vendredi 9 octobre, mobilisation nationale. Ce lundi 12, nouvelle action dans les services publics. En Belgique, on ne fait plus une grève : on fait le doublé. Mais le premier round appelle une nuance : la paralysie générale annoncée n’était pas au programme de Brussels Airport.
Soyons clairs : il existe des raisons légitimes de manifester. Les travailleurs ont le droit de s’inquiéter de leur pension, de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de travail.
Le droit de grève mérite le respect. Les voyageurs aussi.
À Brussels Airport, les informations publiées vendredi évoquaient une centaine de vols supprimés, contre environ 140 initialement envisagés, et quelque 400 maintenus au programme.
Les difficultés concernaient principalement les compagnies utilisant l’assistance au sol d’Alyzia.
Ces chiffres restent à distinguer d’un bilan définitif des opérations, non disponible lors de notre vérification samedi matin.
Il faut donc éviter de raconter une fermeture de l’aéroport.
Mais qualifier les conséquences de « minimes » serait tout aussi réducteur pour les voyageurs dont le déplacement a été annulé.
Une seule suppression peut compromettre des vacances, une correspondance ou une visite familiale.
Et derrière, les compagnies et les agences doivent trouver des solutions.
À Charleroi, l’aéroport avait annoncé le maintien de tous ses vols vendredi et lundi.
Cette annonce rassurante ne dispense pas de surveiller les accès : routes, actions ponctuelles et navette TEC depuis Charleroi-Central peuvent compliquer le trajet.
Lundi : des avions disponibles, des accès incertains
Pour Brussels Airport, les dernières annonces consultées n’anticipaient pas d’impact aérien lundi.
La difficulté annoncée concerne surtout les transports publics.
La SNCB confirme une offre réduite ; De Lijn avertit de fortes perturbations et la STIB appelle à vérifier les lignes effectivement assurées.
Pour le passager, la nuance est délicieuse : votre avion existe, mais vous n’êtes pas certain de pouvoir l’atteindre.
Les entreprises touristiques ne décident pas des réformes contestées.
Pourtant, elles absorbent les changements de réservation, les annulations et le travail supplémentaire. Comprendre la colère sociale ne signifie pas accepter que les voyageurs deviennent les otages récurrents du bras de fer.
L’État doit prendre ses responsabilités.
Les Tagueurs du Voyage plaident pour un service minimum obligatoire dans les fonctions aéroportuaires essentielles et une continuité suffisante des principales dessertes.
Un dispositif proportionné, respectueux du droit de grève, sans compromis sur la sécurité, avec des engagements vérifiables et une information anticipée.
Pour accueillir les touristes, la Belgique devrait pouvoir proposer mieux qu’une nouvelle précaution : après la météo, consulter le calendrier syndical.
Tout le monde veut remettre le pays sur les rails. Encore faut-il pouvoir prendre le train.
ETIENNE



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