LE COUP DE GUEULE D'UN LECTEUR....VIVE LA VOITURE ET L'AVION.
- Etienne De Nil
- 26 janv.
- 3 min de lecture
« Laissez tomber la voiture », qu’ils disaient… (Catherine a surtout laissé tomber ses vacances)
On nous le sert en boucle : “Prenez le train, c’est plus vert, plus malin, plus citoyen.” Très bien. Sauf que quand tu joues le jeu, tu peux finir bloqué dans un wagon glacé, sans chauffage, sans toilettes, sans infos claires… et avec un billet d’avion pour la Thaïlande qui devient un souvenir.
Catherine, Liégeoise de 60 ans, avait pourtant tout fait “comme il faut” : train tôt le matin depuis Ans vers Brussels Airport, arrivée largement à l’avance, marge de sécurité. Pas le genre “à l’arrache”. Et pourtant.
Épisode 1 — Le congélateur sur rails
Le train s’immobilise en pleine voie. Et ça dure. Longtemps. Panne électrique, plus de chauffage, plus d’électricité, toilettes hors service. Catherine raconte qu’il faisait plus froid dedans que dehors. Et l’info voyageurs ? Au compte-gouttes, parfois contradictoire. L’angoisse grimpe, la colère suit, et l’impression d’être “oubliés” s’installe.
On annonce une locomotive diesel pour remorquer le train jusqu’à un point où une amie pourrait la récupérer en voiture et sauver le départ. La locomotive n’arrivera jamais. Promesse évaporée dans le gel.
Épisode 2 — L’évacuation façon “escape game” hivernal
Un autre train s’arrête sur la voie voisine. On évacue par une passerelle, une personne à la fois, dans le froid, avec enfants et personnes âgées. Les passagers montent dans ce second train… qui redémarre… puis tombe en panne à son tour. Là, ce n’est plus un incident : c’est une série. Les gens “devenaient fous”, dit-elle. On comprend.
Épisode 3 — Quatre heures pour revenir à la case départ
Après près de quatre heures, ça repart. Mais pas vers l’aéroport. Dans la mauvaise direction. Bilan : départ à 8h36, des heures de galère, et Catherine se retrouve… de retour à Ans. Le cercle parfait : beaucoup d’énergie dépensée pour ne pas avancer.
Oui, une solution est ensuite annoncée (arrêt exceptionnel d’un train vers l’aéroport). Sur le papier, c’est “réactif”. Dans la réalité : trop tard. Catherine rate son avion. Et pas un week-end improvisé : dix jours en Thaïlande, cadeau d’anniversaire offert par ses jumeaux de 20 ans. Tout part à la poubelle.
Épisode 4 — “On indemnise”… mais seulement la partie la moins chère
Catherine introduit une réclamation. La SNCB explique qu’il y a une indemnisation possible… sur le billet de train (compensation forfaitaire selon le retard).Mais l’avion, le voyage, les réservations, le cadeau symbolique, le préjudice réel ? Non. Ce sont des “dommages indirects”. Traduction : “On rembourse la miette, pas le repas.”
Et pendant ce temps : “Laissez tomber la voiture”
C’est là que le discours public devient indécent. On demande aux gens de lâcher la voiture, de devenir “multimodaux”, de faire confiance au rail pour des trajets critiques… sans garantir la fiabilité minimale, ni assumer les conséquences quand ça casse.
Les autorités encaissent des taxes et impôts liés à la mobilité avec une régularité d’horloge. Catherine, elle, ne “touche” rien : elle paie. Et pas seulement en euros : elle paie en heures perdues, en froid subi, en stress, en cadeaux gâchés, en voyages annulés.
Oui, il neigeait. Oui, la météo complique. Mais si, en Belgique, un trajet vers un aéroport international reste une loterie où l’usager porte tout le risque, alors qu’on ne vienne pas lui faire la morale sur la voiture : l’auto n’est pas un caprice, c’est un plan B vital.
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