KLM stabilise… mais le centre de gravité du trafic nord-européen pourrait-il bouger ? Une opportunité pour Brussels Airport?
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Pendant longtemps, le modèle semblait immuable : Amsterdam-Schiphol comme hub ultra-efficace, KLM comme machine à correspondances, et une large partie du marché belge absorbée naturellement vers le nord.
Les résultats 2025 de KLM montrent pourtant une réalité plus nuancée. Oui, la compagnie néerlandaise est redevenue stable. Mais cette stabilité repose sur un effort d’efficacité exceptionnel, et surtout sur une rentabilité qui reste modeste au sein d’un groupe Air France-KLM redevenu très profitable.
La question qui se pose désormais n’est plus seulement financière. Elle est structurelle — et potentiellement régionale.
Une compagnie rentable… mais sous tension permanente
Avec une marge opérationnelle de 3,2 %, KLM reste loin des niveaux affichés par les compagnies européennes les plus performantes.
Le programme “Back on Track” a permis de compenser une hausse massive des coûts — notamment l’augmentation spectaculaire des redevances à Amsterdam Airport Schiphol — mais le message envoyé par la direction est sans ambiguïté : les coûts augmentent plus vite que les revenus.
Autrement dit, la compagnie fonctionne aujourd’hui dans une logique d’équilibre fragile, où chaque choc externe (géopolitique, technique ou réglementaire) pèse immédiatement sur la rentabilité.
Schiphol : d’avantage stratégique à facteur de risque ?
C’est probablement ici que se situe la vraie rupture.
Schiphol a longtemps été l’un des hubs les plus efficaces d’Europe : capacité élevée, position géographique idéale, opérations fluides. Mais l’environnement change :
pression environnementale et limitations de capacité
hausse durable des coûts aéroportuaires
complexité opérationnelle croissante
routes long-courrier allongées par les tensions géopolitiques
Pour un modèle fondé sur l’optimisation des correspondances, ces contraintes ne sont pas anecdotiques. Elles remettent en question un avantage compétitif historique.
Et si Brussels Airport devenait un bénéficiaire discret ?
Dans ce contexte, Brussels Airport n’apparaît pas comme un remplaçant direct de Schiphol — mais comme un possible bénéficiaire indirect.
L’enjeu n’est pas un transfert massif de trafic. Le scénario le plus réaliste est plus subtil : une redistribution progressive des flux.
Le retour du facteur proximité
Les entreprises belges, notamment corporate, redécouvrent la valeur du départ local. Si Schiphol devient perçu comme plus cher, plus contraint ou moins prévisible, Brussels Airport gagne mécaniquement en attractivité.
Un rééquilibrage naturel des hubs régionaux
L’Europe du Nord-Ouest entre peut-être dans une phase de normalisation : moins de concentration extrême sur quelques mega-hubs, davantage de croissance distribuée.
Un espace pour les concurrents
Une KLM focalisée sur la réduction des coûts et la résilience interne pourrait laisser davantage d’opportunités à d’autres acteurs pour capter de la croissance en Belgique.
Le point d’interrogation Transavia
Le cas de Transavia mérite une attention particulière.
La low-cost du groupe progresse en capacité, mais peine à transformer cette croissance en bénéfices. Dans un environnement où les coûts néerlandais restent élevés, la question devient stratégique : où placer la croissance future ?
Si la rentabilité aux Pays-Bas reste sous pression, une expansion plus offensive hors du marché domestique pourrait devenir logique.
Pour la Belgique, cela ouvre un scénario intéressant :
Transavia pourrait-elle considérer Brussels Airport comme un levier de développement plus compétitif à moyen terme ?
Rien n’indique aujourd’hui un basculement imminent, mais la logique économique commence à exister.
L’interrogation clé pour 2026
La vraie question n’est peut-être pas “KLM va-t-elle souffrir ?”
La vraie question est plutôt :
Sommes-nous au début d’un rééquilibrage silencieux du trafic aérien entre Amsterdam et Bruxelles ?
Si les contraintes structurelles de Schiphol persistent, les professionnels belges pourraient découvrir que la proximité n’est plus seulement un avantage pratique — mais un avantage stratégique.
ETIENNE
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