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Fontaine de Trevi, Venise… et demain la Grand-Place ?

  • Etienne De Nil
  • 4 janv.
  • 3 min de lecture

Quand l’Europe touristique fait payer l’accès à ses icônes


L’annonce a fait le tour des médias spécialisés : Rome s’apprête à rendre l’accès immédiat à la Fontaine de Trevi payant, sur le modèle de ce que Venise a déjà mis en place pour sa fréquentation journalière. Une mesure symbolique, tant la fontaine incarne l’idée même de patrimoine universel, gratuit et ouvert à tous.

Mais derrière l’émotion, une question centrale se pose pour les professionnels du voyage : que devient le tourisme européen à l’heure de la monétisation de l’espace public ?


Fontaine de Trevi : un tournant symbolique


La municipalité de Rome envisage un ticket d’accès à la zone la plus proche de la fontaine, afin de :

  • réguler des flux dépassant parfois 10 000 visiteurs par heure,

  • préserver un site fragilisé par le surtourisme,

  • financer entretien, sécurité et nettoyage.


Même si le montant annoncé resterait modéré, le symbole est fort :un monument urbain, gratuit depuis des siècles, devient filtré par le paiement.


Pour les professionnels, cela signifie déjà :

  • une adaptation des circuits,

  • une gestion des attentes clients,

  • et une réflexion sur la valeur perçue de l’expérience.


Venise : le laboratoire européen


Venise a ouvert la voie. Depuis 2024, la cité des Doges impose un droit d’accès journalier (jusqu’à 10 €) pour les excursionnistes à certaines dates.

Objectifs affichés :

  • lisser la fréquentation,

  • encourager les séjours plus longs,

  • redonner de l’espace aux habitants.


Résultat ?

Une mesure encore imparfaite, mais qui fait école. De nombreuses villes européennes observent Venise avec attention.


Tour d’horizon des sites déjà payants en Europe


Villes et centres historiques

  • Venise (Italie) – droit d’entrée journalier

  • Dubrovnik (Croatie) – limitation et contrôle des accès à la vieille ville

  • Amsterdam (Pays-Bas) – taxes touristiques dissuasives + restrictions zones centrales

  • Barcelone (Espagne) – régulation croissante des flux + taxes renforcées


Monuments et espaces naturels emblématiques

  • Acropole d’Athènes – billets horodatés

  • Alhambra de Grenade – quotas stricts

  • Cinque Terre (Italie) – carte d’accès sentiers et villages

  • Calanques de Marseille – réservation obligatoire

  • Machu Picchu européen ? → Les îles Lofoten, Majorque ou Santorin suivent la même logique


Et en Belgique ?


La Belgique reste encore prudente, mais les signaux sont là :

  • Bruges limite l’accueil de croisières

  • Gand et Anvers renforcent leurs taxes de séjour

  • Sites naturels wallons : quotas, parkings payants, réservations


La question, autrefois taboue, commence à émerger :

une régulation de la Grand-Place de Bruxelles est-elle impensable à long terme ?


Aujourd’hui oui.

Demain ? Dans un contexte de pression touristique, budgétaire et climatique, plus rien n’est exclu.


Que devient le tourisme dans tout cela ?


1. De la quantité à la qualité

Le modèle évolue clairement :

  • moins de visiteurs,

  • mais mieux répartis,

  • plus contributifs,

  • plus respectueux.


2. Le rôle clé des professionnels

Agences, TO et DMC deviennent essentiels pour :

  • expliquer les nouvelles règles,

  • intégrer billets, créneaux et accès régulés,

  • transformer la contrainte en expérience premium.


3. Le risque social

Attention toutefois :

  • à l’exclusion des publics à faible budget,

  • à la perte du sentiment de patrimoine commun,

  • à un tourisme perçu comme élitiste.

L’équilibre est fragile.


Conclusion : une Europe touristique sous conditions


La Fontaine de Trevi payante n’est pas une anecdote.

C’est un signal fort d’un tourisme européen qui entre dans une nouvelle ère :


l’accès n’est plus automatique, il se mérite, se planifie et se paie.


Pour les professionnels belges du voyage, l’enjeu est clair :

  • anticiper,

  • informer,

  • et surtout redonner du sens à l’expérience touristique, au-delà de la simple photo iconique.

Car demain, voyager ne sera peut-être plus seulement un droit…mais un choix encadré.


ETIENNE


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