Charleroi sans Ryanair : lāaĆ©roport peut-il survivre ?
- Etienne De Nil
- il y a 3 jours
- 3 min de lecture
Ryanair rƩduit la voilure en Belgique : ce que Ƨa change pour Bruxelles et Charleroi
Les derniĆØres dĆ©cisions de Ryanair concernant ses opĆ©rations en Belgique relancent une question sensible pour tout le secteur du voyage : quel avenir pour lāaĆ©roport de Charleroi si la compagnie low-cost rĆ©duit durablement sa prĆ©sence ?Entre nouvelles taxes, tensions politiques et arbitrages Ć©conomiques, le trafic aĆ©rien belge pourrait connaĆ®tre une rĆ©organisation importante dĆØs 2026.
1) Ce qui a dƩclenchƩ la crise : taxes et hausse des coƻts
Ryanair pointe clairement du doigt lāaugmentation des charges imposĆ©es aux passagers et aux compagnies. Selon la compagnie, ces mesures rendent la Belgique moins compĆ©titive face Ć dāautres pays europĆ©ens qui cherchent au contraire Ć stimuler le trafic aĆ©rien.
Deux éléments pèsent particulièrement dans la balance :
une hausse progressive de la taxe fƩdƩrale par passager (avec une montƩe annoncƩe vers des niveaux plus ƩlevƩs dans les prochaines annƩes)
lāintroduction dāune taxe locale Ć Charleroi sur les dĆ©parts, qui vient sāajouter au coĆ»t global par billet
Pour Ryanair, le message est simple : si le coƻt augmente, la capacitƩ diminue.
2) Les dĆ©cisions Ryanair : moins de siĆØges, moins dāavions, moins de croissance
Ryanair a confirmƩ une rƩduction significative de son offre en Belgique, avec un impact direct sur :
Brussels South Charleroi (CRL)
Brussels Airport (BRU)
ConcrĆØtement, cela signifie :
une baisse du nombre de siĆØges disponibles sur plusieurs lignes
des ajustements de frƩquences (moins de vols par semaine sur certaines destinations)
un redĆ©ploiement dāappareils vers dāautres marchĆ©s jugĆ©s plus rentables
MĆŖme si la compagnie ne quitte pas la Belgique, le signal envoyĆ© est fort : la croissance nāest plus garantie.
3) Charleroi : un aƩroport ultra-dƩpendant de Ryanair
Cāest ici que la situation devient stratĆ©gique. Charleroi nāest pas un aĆ©roport ācomme les autresā : son dĆ©veloppement sāest construit autour du modĆØle low-cost, et Ryanair y joue un rĆ“le central.
Cette dƩpendance se traduit par :
une part majeure du trafic passagers liée à Ryanair
une offre de destinations très orientée point-à -point low-cost
un Ć©quilibre Ć©conomique fortement liĆ© aux volumes (parking, retail, restauration, servicesā¦)
Autrement dit : si Ryanair réduit fortement, Charleroi ne perd pas seulement des vols⦠il perd aussi une partie de son moteur économique.
4) Bruxelles (BRU) : impact rƩel, mais moins critique
Ć Bruxelles-National, lāeffet est plus āabsorbĆ©ā car lāaĆ©roport dispose :
dāun portefeuille de compagnies plus diversifiĆ©
dāun mix long-courrier / business / connexions
dāune clientĆØle moins sensible au prix pur
Cela ne veut pas dire que lāimpact est neutre (moins de capacitĆ© = moins de choix et parfois des tarifs plus Ć©levĆ©s), mais le risque structurel est plus limitĆ© quāĆ Charleroi.
5) La vraie question : Charleroi est-il viable sans Ryanair ?
Soyons clairs : Ć court terme, Charleroi ne va pas āfermerā.Mais la question de la viabilitĆ© se pose sur un autre plan : celui du modĆØle Ć©conomique.
Si aucune solution nāest trouvĆ©e Ć court/moyen termeā¦
Charleroi pourrait faire face Ć :
une baisse durable du trafic
un ralentissement des investissements et du dƩveloppement
une fragilisation des revenus non-aƩriens
une difficultĆ© Ć remplacer rapidement les volumes perdus par dāautres compagnies
Et surtout : un risque de cercle vicieux.Moins de vols ā moins de passagers ā moins de rentabilitĆ© ā moins dāattractivitĆ© ā encore moins de vols.
Les leviers possibles
Pour sĆ©curiser son avenir, lāaĆ©roport devra probablement accĆ©lĆ©rer sur :
la diversification des compagnies opƩrantes
lāattractivitĆ© pour dāautres acteurs low-cost
la consolidation de lignes rentables et régulières
une stratégie commerciale plus offensive vis-à -vis de nouveaux marchés
Conclusion : un signal dāalerte pour tout le travel belge
Le bras de fer entre Ryanair et les autoritĆ©s belges nāest pas seulement un dĆ©bat fiscal : cāest un enjeu de connectivitĆ© et de compĆ©titivitĆ© pour le marchĆ© belge.
Pour Charleroi, lāĆ©quation est claire : si la dĆ©pendance Ć Ryanair reste aussi forte, toute rĆ©duction durable devient un risque stratĆ©gique majeur.
La question nāest donc pas uniquement āRyanair reste-t-il ?ā, mais plutĆ“t : Charleroi peut-il se rĆ©inventer assez vite ?
ETIENNE
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