Charleroi, Liège… les aéroports wallons sous pression sociale
24 nuits de grève annoncées à Charleroi et un préavis qui plane également sur Liège-Bierset : la multiplication des tensions autour du contrôle aérien wallon devient préoccupante pour les professionnels du voyage.
À Brussels South Charleroi Airport, les contrôleurs aériens de Skeyes ont annoncé des arrêts de travail chaque nuit, entre 22h et 8h, du 16 septembre au 10 octobre inclus, soit 24 nuits consécutives.
Selon Skeyes, environ 832 mouvements pourraient être affectés sur l’ensemble de la période.
Et les conséquences peuvent dépasser largement les seules heures de grève : un avion qui ne peut pas rentrer à Charleroi le soir risque de ne pas pouvoir assurer sa première rotation le lendemain matin.
C’est donc tout le programme d’une compagnie qui peut être progressivement désorganisé.
Et maintenant Liège-Bierset…
À Liège Airport, la situation est différente et il faut éviter tout amalgame : il s’agit à ce stade d’un préavis de grève, et non de 21 nuits de grève déjà confirmées.
Mais le signal n’en est pas moins préoccupant.
Charleroi et Liège sont tous deux concernés par les tensions sociales chez Skeyes et par la transformation en cours du contrôle aérien wallon.
Le futur centre de tours de contrôle numériques installé à Namur doit en effet centraliser à terme le contrôle des opérations des deux aéroports.
Pourquoi autant de tensions ?
À Charleroi, le conflit actuel porte notamment sur les conditions et compensations liées au travail de nuit.
La direction de Skeyes et les syndicats présentent d’ailleurs des versions différentes du différend : Skeyes évoque une demande d’augmentation de la prime de nuit, tandis que les syndicats affirment réclamer un traitement comparable à celui de collègues exerçant des fonctions similaires.
À cela s’ajoute le dossier plus vaste des tours de contrôle numériques, qui modifie profondément l’organisation du travail à Charleroi et à Liège.
C’est probablement cette accumulation qui explique une partie du malaise actuel.
Mais cela devient inquiétant pour le tourisme belge
Le droit de grève n’est évidemment pas remis en question.
Mais les professionnels du voyage peuvent légitimement s’interroger sur la répétition de ces perturbations.
Car les premières victimes ne sont généralement ni Skeyes ni les partenaires sociaux autour de la table : ce sont les voyageurs, les compagnies aériennes, les agences de voyages, les tour-opérateurs et les entreprises dépendant des aéroports.
BSCA souligne d’ailleurs lui-même qu’il est étranger au conflit social alors que son activité, ses passagers et tout son écosystème risquent d’en subir les conséquences.
Pour les agents de voyages, cela signifie encore des dossiers à contrôler, des clients à prévenir, des vols à modifier et parfois des nuits d’hôtel ou des solutions de retour alternatives à organiser.
Et une journée nationale d’action est encore annoncée le 9 octobre.
Faut-il garantir un service minimum ?
La question devient de plus en plus difficile à éviter.
La ministre wallonne des Aéroports, Cécile Neven, a indiqué avoir interpellé le ministre fédéral de la Mobilité.
Selon sa réponse au Parlement wallon du 11 septembre, celui-ci travaille à un dispositif visant à assurer un niveau minimal de service de Skeyes.
Ce dossier dépasse donc largement une simple querelle de primes.
Charleroi aujourd’hui, un préavis à Liège demain : combien de perturbations faudra-t-il encore avant de trouver un équilibre durable entre le droit légitime à l’action sociale et la continuité d’un service aussi stratégique que le contrôle aérien ?
Pour le tourisme belge, la question devient urgente.
ETIENNE



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