Assurances voyage imposées : après la Tanzanie, à qui le tour ?
Vous avez déjà une assurance voyage annuelle, avec assistance médicale et rapatriement ? Cela ne suffit pas toujours.
Certaines destinations imposent aux visiteurs de souscrire une assurance locale, même lorsqu’ils disposent déjà d’une couverture personnelle.
C’est notamment le cas en Tanzanie, Zanzibar compris. Pour les voyageurs comme pour les agences, cette obligation soulève une question : protection supplémentaire ou nouvelle dépense imposée ?
Le voyageur a réservé ses vols, son hôtel et, prudent, vérifié que son assurance voyage le couvre à destination.
Il pourrait penser avoir tout prévu. Pourtant, dans certains pays, sa police habituelle ne le dispense pas nécessairement d’acheter une assurance supplémentaire.
Pour les professionnels du voyage, le sujet mérite une place dans les informations à communiquer dès la réservation. Car une assurance obligatoire découverte à la dernière minute peut créer de l’incompréhension, des frais inattendus et, dans certains cas, des difficultés à l’entrée du territoire.
Tanzanie et Zanzibar : une assurance locale obligatoire
Zanzibar a instauré son assurance obligatoire pour les visiteurs étrangers en octobre 2024. Depuis le 1er octobre 2026, une obligation comparable s’applique également à l’entrée en Tanzanie continentale.
Les visiteurs étrangers non résidents doivent souscrire l’assurance prévue par les autorités tanzaniennes, même s’ils possèdent déjà une assurance voyage auprès d’un autre assureur.
Le SPF Affaires étrangères belge recommande de conserver une couverture complémentaire pour bénéficier d’une protection plus large.
L’organisme auprès duquel souscrire dépend du premier point d’entrée dans le pays :
Arrivée d’abord à Zanzibar : assurance auprès de la Zanzibar Insurance Corporation (ZIC), via le portail officiel de Zanzibar.
Arrivée d’abord en Tanzanie continentale, par exemple à Dar es Salaam ou au Kilimandjaro : assurance auprès de la National Insurance Corporation (NIC), via le portail officiel de la Tanzanie continentale.
Bonne nouvelle pour les voyageurs qui combinent safari et séjour balnéaire : une seule de ces deux assurances locales est nécessaire pour le même voyage, selon le premier point d’entrée. Il faut conserver le certificat et son code QR pendant le séjour, sous format électronique ou imprimé.
Le tarif annoncé est de 44 dollars américains par adulte, pour une couverture pouvant aller jusqu’à 92 jours.
Pour une famille, la facture s’ajoute donc aux vols, au séjour, aux éventuels frais de visa et à l’assurance personnelle. Il convient de vérifier les tarifs et conditions applicables aux enfants avant le départ.
Une assurance obligatoire ne couvre pas forcément tous les besoins
Pourquoi les autorités imposent-elles cette assurance ?
Le dispositif prévoit notamment une couverture pour certaines urgences médicales, accidents et autres incidents pendant le séjour.
Mais respecter une condition d’entrée ne signifie pas nécessairement disposer de toutes les garanties souhaitées.
Avant de conseiller à un client de renoncer à sa propre assurance, mieux vaut examiner les plafonds, les exclusions et les modalités d’assistance des deux contrats.
Selon le voyage et les formules souscrites, les besoins peuvent concerner notamment les frais médicaux, l’évacuation, le rapatriement, les bagages, l’annulation ou encore certaines activités particulières.
La question pratique à poser est donc : qui couvre quoi, à quelles conditions, et qui faut-il contacter en cas de problème ?
Cuba : une assurance exigée, mais pas nécessairement locale
Toutes les obligations d’assurance ne fonctionnent pas de la même manière.
À Cuba, une assurance médicale de voyage est également exigée à l’entrée, mais le voyageur peut disposer d’une police souscrite avant son départ.
S’il arrive sans assurance médicale, il devra en souscrire une sur place.
Le SPF Affaires étrangères précise toutefois que certaines assurances américaines ou dont le règlement financier passe par une représentation située aux États-Unis ne sont pas acceptées.
Il conseille aussi de vérifier si l’assureur dispose d’un accord avec l’organisme cubain Asistur, afin de faciliter l’assistance sur place.
La distinction est essentielle : un pays peut exiger une assurance sans imposer systématiquement l’achat d’une police locale. Il faut donc examiner les règles propres à chaque destination.
La Tanzanie fera-t-elle des émules ?
L’expérience tanzanienne pourrait-elle inspirer d’autres destinations africaines ou, plus largement, d’autres pays touristiques ?
La question mérite d’être posée, même si rien ne permet aujourd’hui d’affirmer qu’une généralisation est en cours.
Pour un État, imposer une assurance à l’entrée peut présenter plusieurs intérêts : s’assurer que les visiteurs disposent d’une couverture minimale, faciliter l’organisation de l’assistance sur place et confier la gestion du dispositif à un organisme désigné.
Mais pour le voyageur qui possède déjà une assurance complète, la mesure peut être ressentie comme un coût supplémentaire obligatoire, sans possibilité de choisir son assureur.
Et si plusieurs pays d’un même circuit adoptaient chacun leur propre formule, la facture et les formalités pourraient rapidement s’accumuler.
Prenons l’exemple d’un voyageur combinant plusieurs destinations africaines : devrait-il demain souscrire une assurance différente à chaque frontière, en plus de sa police annuelle belge ?
Ce scénario reste hypothétique, mais il illustre une question que les professionnels du tourisme ont intérêt à suivre.
Une autre approche existe : exiger une couverture répondant à des critères précis tout en acceptant l’assurance personnelle du voyageur.
C’est notamment le choix de la Géorgie, qui impose depuis janvier 2026 une assurance santé et accident aux touristes, mais accepte une police émise par un assureur étranger si elle répond aux conditions prévues.
Protection ou coût supplémentaire ?
Du point de vue des autorités, une assurance imposée peut contribuer à garantir qu’un visiteur dispose d’une couverture minimale.
Du côté du voyageur déjà assuré, la perception est différente : pourquoi payer une nouvelle fois pour des risques que l’on pense déjà couverts ?
La question est posée, d’autant que le client n’a pas toujours le choix de son assureur.
Pour les professionnels du voyage, l’enjeu immédiat est d’éviter la mauvaise surprise : annoncer cette dépense dès le départ et expliquer ce qu’elle couvre.
Car une chose est sûre : une assurance voyage peut être une sage précaution. Mais lorsqu’elle devient aussi un ticket d’entrée obligatoire, mieux vaut que le voyageur le sache avant de faire ses valises.
ETIENNE



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