top of page

TUI quitte Anvers : un simple recentrage opérationnel… ou un tournant pour l'avenir de Deurne ?

13 juil.
3 min de lecture

L'annonce est désormais officielle : TUI fly mettra fin à toutes ses opérations au départ de l'aéroport d'Anvers-Deurne à la fin du programme hiver 2026-2027.


Les derniers vols vers Alicante et Malaga décolleront fin mars 2027. La compagnie concentrera désormais l'ensemble de ses activités belges à Brussels Airport et Ostende.


Sur le plan industriel, la décision apparaît logique. À Anvers, TUI ne pouvait exploiter que ses trois Embraer E195-E2, seuls appareils de sa flotte compatibles avec la piste de 1.520 mètres.


Cette contrainte empêchait toute flexibilité opérationnelle : impossible d'y positionner un Boeing 737 MAX en cas de forte demande, de remplacement technique ou d'adaptation du programme. En regroupant ses avions sur Bruxelles et Ostende, TUI optimise l'utilisation de sa flotte, réduit ses coûts d'exploitation et simplifie son organisation.


Mais au-delà de cette décision stratégique pour TUI, c'est surtout l'avenir économique de l'aéroport d'Anvers qui interroge.


Depuis plusieurs années, Deurne affiche une situation financière fragile.


Malgré un redressement observé en 2025, sa rentabilité reste dépendante d'un équilibre délicat entre aviation commerciale, aviation d'affaires, écoles de pilotage et soutien public.


La disparition de TUI prive l'aéroport de son principal acteur touristique et réduit fortement son trafic passagers régulier.


Concrètement, les conséquences seront multiples.


D'abord, une baisse des recettes aéronautiques : moins de mouvements commerciaux signifie moins de redevances d'atterrissage, de stationnement et de services d'assistance. À cela s'ajoute une diminution des revenus commerciaux générés par les passagers (parking, restauration, commerces), souvent essentiels dans l'économie d'un aéroport régional.


Ensuite, l'attractivité même de la plateforme risque d'être remise en question.


Après le retrait successif de TUI de Charleroi, puis de Liège, Anvers devient le troisième aéroport régional belge à perdre la compagnie.


À partir du printemps 2027, SkyAlps restera le seul transporteur assurant une ligne régulière, avec Bolzano, tandis que l'aéroport devra miser davantage sur l'aviation privée, les écoles de pilotage, les vols humanitaires et les activités de maintenance pour compenser la perte du trafic loisirs.


Cette évolution relance également le débat sur le modèle économique des petits aéroports régionaux belges.


Leur survie repose en partie sur des subsides publics, eux-mêmes régulièrement remis en question par les autorités flamandes et les débats environnementaux.


Même si TUI affirme que la réduction annoncée des aides publiques n'a joué aucun rôle dans sa décision, le départ de la compagnie fragilise objectivement la position de Deurne au moment où chaque euro de financement public fait l'objet d'un examen plus critique.


Pour les professionnels du voyage, l'impact commercial restera toutefois limité. Les capacités ne disparaissent pas du marché belge : elles seront simplement transférées vers Bruxelles et Ostende.


Les agences continueront donc à commercialiser les mêmes destinations, avec un changement d'aéroport de départ plutôt qu'une réduction de l'offre.


En revanche, pour Antwerp Airport, le défi est désormais existentiel.


L'aéroport devra convaincre qu'il peut créer de la valeur autrement que par le trafic passagers traditionnel. Le développement de l'aviation d'affaires, de la formation aéronautique, des missions gouvernementales ou humanitaires, voire l'arrivée d'un nouvel opérateur régional, seront autant de pistes à explorer.


Une chose est certaine : le retrait de TUI ne représente pas seulement la fin d'une base opérationnelle. Il marque probablement la fin d'une époque pour l'aéroport d'Anvers et ouvre une nouvelle phase où la question ne sera plus seulement « comment faire croître le trafic ? », mais bien « quel rôle un aéroport régional comme Deurne peut-il encore jouer dans le paysage aérien belge de demain ? »


ETIENNE

Commentaires


bottom of page