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Tendance voyage au Japon : du No Kids au No Senior ?

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

Ce que signifient vraiment ces codes – et ce qu’ils disent du marché

Depuis quelques mois, certaines discussions sur les réseaux et dans des cercles de tour-opérateurs et la presse, évoquent l’apparition d’un positionnement baptisé “no senior” au Japon, sur le modèle du no kids déjà bien connu. L’idée véhiculée serait d’éviter les personnes âgées dans certaines offres ou expériences touristiques.


Notre analyse B2B nuance fortement ce terme : il ne s’agit pas d’une politique officielle ni d’une stratégie ciblée vers une clientèle anti-seniors, mais plutôt d’un signal sociétal et industriel lié aux réalités démographiques et aux tensions du secteur touristique japonais.


1. Contexte macro : une destination sous pression

Le Japon a battu son record historique de visiteurs étrangers en 2025, avec plus de 42,6 millions d’entrées internationales, soit une croissance soutenue depuis la levée des restrictions post-pandémie.

Cette affluence record pose des défis :

  • Surcharge des infrastructures touristiques dans les grands pôles classiques (Tokyo, Kyoto, Osaka) ;

  • Pression sur la vie locale, parfois jusqu’à l’annulation d’événements populaires (ex. festival annuel des cerisiers près du Mont Fuji).

  • Un débat public croissant sur l’overtourisme, voire une certaine “touristphobie”, notamment dans les zones urbaines et patrimoniales les plus visitées.

Dans ce contexte, des opérateurs et communautés locales réfléchissent à segmenter ou orchestrer l’expérience visitateur pour mieux gérer les flux.


2. Pourquoi parler de No Senior ?

Le terme “no senior” – en tant qu’expression de marché – est souvent invoqué pour deux raisons structurantes :

 a) Une réalité démographique forte

Le Japon est l’un des pays avec la population la plus vieillissante au monde : le pourcentage d’habitants de 65 ans et plus reste très élevé, structurellement plus important que celui des enfants.

Cela influence notamment :

  • la disponibilité des guides ou accompagnateurs (manque de personnel jeune dans certaines régions) ;

  • la demande de produits adaptés pour seniors (comfort, mobilité, santé, services personnalisés) ;

  • la diversification des formats de voyage pour répondre à des segments très différents d’âge.

La “tendance no senior” n’est donc pas une discrimination, mais plutôt un effet miroir sociétal : il y a aujourd’hui davantage d’attention portée à deux extrémités d’âge (enfants et grands seniors), ce qui pousse certaines expériences à segmenter leur offre ou à optimiser les types de clients qu’ils peuvent servir le mieux selon leur capacité opérationnelle.

 b) Une segmentation réelle du produit touristique

Certains tours ou expériences spécifiques se positionnent plutôt vers :

  • Millennials ou voyageurs actifs (20-40 ans) qui cherchent des expériences « immersives et physiques » ;

  • Voyageurs sans enfants (no-kids) ;

  • Offres premium ou lifestyle qui privilégient l’expérience plutôt que le tourisme de masse.

Il ne s’agit pas d’une exclusion officielle des seniors des voyages au Japon, mais plutôt d’un signal marché : certaines niches s’éloignent d’un tourisme traditionnel “classique” pour s’adresser à des segments plus jeunes ou actifs.


3. Qu’est-ce que cela signifie pour les agences belge ?

Opportunités à exploiter

a) Produits spécialisés intergénérationnelsLe Japon demeure une destination très attractive pour les seniors européens qui voyagent bien préparés, avec une vraie capacité d’achat et une appétence pour culture, confort et services de qualité.


Proposition :

  • circuits slow travel spécialement conçus pour seniors (ryokan avec onsen, routes culturelles, tranquillité).

  • croisières thématiques ou niches japonaises, hors saison de pointe.

b) Nouveaux segments de marché en croissance

  • Millennial globetrotters cherchant des itinéraires hors sentiers battus ;

  • groupes de voyageurs actifs (randonnées, cyclotourisme, nature, art contemporain) ;

  • tourisme durable / communautaire (visites de régions rurales face à l’overtourisme).


En résumé

➡ Le “no senior” n’est pas une politique d’exclusion officielle dans le tourisme japonais.

➡ C’est plutôt un signal de segmentation et d’adaptation du marché face à une destination surchargée, des dynamiques démographiques uniques et des comportements de voyageurs variés.

➡ Pour les agences belges, cela ouvre des pistes de produits différenciés – tant pour les seniors que pour les voyageurs actifs, les millennials et les explorateurs hors des sentiers battus.


ETIENNE


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