top of page

« Taxe stupide », « gouvernement idiot »… Michael O’Leary repart en guerre contre la Belgique

  • il y a 15 heures
  • 2 min de lecture

Invités à Dublin pour une conférence de presse particulièrement musclée, plusieurs journalistes belges ont assisté, la semaine passée, à une nouvelle démonstration du style inimitable de Michael O’Leary. Fidèle à sa réputation, le patron de Ryanair n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la taxation aérienne belge, multipliant les attaques verbales contre les autorités fédérales.


Mais cette fois, les déclarations du dirigeant irlandais ne se limitent pas aux provocations médiatiques. Elles s’accompagnent de menaces très concrètes pour le marché belge.


Michael O’Leary a confirmé que Ryanair envisage de retirer cinq avions basés à Brussels South Charleroi Airport dès le programme hiver 2026-2027 si le gouvernement maintient le doublement de la taxe sur les passagers et poursuit l’augmentation des charges pesant sur le transport aérien.


Selon la compagnie, cette décision entraînerait la suppression d’une vingtaine de lignes, une réduction d’environ un million de sièges, soit près de 22 % de sa capacité hivernale en Belgique, ainsi qu’un retrait d’investissements évalué à plusieurs centaines de millions d’euros.


Ryanair affirme que cette baisse de capacité pèserait également sur l’emploi et sur l’activité touristique du pays.


Le patron de Ryanair estime que la Belgique se pénalise elle-même en augmentant la fiscalité aérienne alors que plusieurs pays européens cherchent au contraire à stimuler leur compétitivité en réduisant les taxes pesant sur les compagnies aériennes et les voyageurs.


Au-delà du style volontairement provocateur de Michael O’Leary, cette offensive médiatique relance un débat de fond : la fiscalité aérienne constitue-t-elle un outil efficace pour atteindre des objectifs environnementaux ou risque-t-elle surtout de détourner compagnies et passagers vers les pays voisins ?


Cette question concerne directement l’ensemble de l’industrie touristique belge, des aéroports aux agences de voyages, en passant par les tour-opérateurs, les hôteliers et les destinations.


Ryanair ne remplace pas un État de droit


Les compagnies aériennes sont parfaitement légitimes pour défendre leurs intérêts économiques et adapter leurs investissements en fonction de leur stratégie commerciale. Elles peuvent déplacer des avions, réduire des capacités ou fermer des lignes si elles estiment que certains marchés deviennent moins rentables.


En revanche, elles ne peuvent prétendre dicter la politique fiscale d’un État souverain.


Les choix budgétaires, environnementaux et économiques relèvent des autorités démocratiquement élues.


Le débat sur la compétitivité du transport aérien mérite des arguments et des chiffres.


Les invectives et les insultes, aussi médiatiques soient-elles, ne remplacent pas un dialogue constructif.


Si Ryanair est aujourd’hui un acteur majeur du ciel belge, elle ne remplace pas un État de droit.


ETIENNE


Commentaires


bottom of page