Taxe d'embarquement aéroport : de 10 € à 7 €… une bonne nouvelle, mais le vrai débat est ailleurs
Le gouvernement fédéral belge a finalement revu sa copie.
La future taxe d'embarquement, annoncée à 10 € par passager, serait ramenée à 7 €.
Faut-il s'en réjouir ? Oui… mais avec prudence.
Pour les professionnels du voyage, cette réduction constitue un moindre mal. Cependant, la véritable question n'est pas de savoir si le voyageur paiera 7 € ou 10 € de plus. Elle est de savoir si la Belgique reste compétitive face à ses voisins.
Le coût d'un départ ne se résume pas au prix du billet
Aujourd'hui, le consommateur compare tout. En quelques clics, il évalue non seulement le tarif du vol, mais aussi l'ensemble des frais liés à son départ :
les taxes d'aéroport ;
le prix du parking, qui peut varier de plusieurs dizaines d'euros selon l'aéroport ;
les frais de dépose-minute ou de Kiss & Ride ;
le coût des transports en commun ou de la navette ;
les éventuels péages et le carburant ;
les services annexes proposés par les plateformes aéroportuaires.
Au final, ce n'est pas un élément isolé qui influence le choix, mais bien le coût global du voyage.
Les aéroports frontaliers gagnent du terrain
Pour de nombreux Belges, partir de Lille, Maastricht, Eindhoven, Luxembourg, Düsseldorf ou Cologne est devenu une véritable alternative.
Certes, le trajet est parfois un peu plus long. Mais lorsque le voyageur constate que le stationnement est moins cher, que certaines taxes sont plus faibles, que les infrastructures sont attractives et que les compagnies proposent des tarifs compétitifs, le calcul est vite fait.
Pour une famille de quatre personnes, l'économie totale peut rapidement atteindre plusieurs dizaines, voire plus d'une centaine d'euros selon la destination et la durée du séjour.
Une concurrence qui ne cesse de s'intensifier
Les aéroports ne se livrent plus uniquement une bataille sur les destinations proposées.
Ils se concurrencent également sur :
les tarifs des parkings longue durée ;
les offres promotionnelles ;
l'accessibilité routière et ferroviaire ;
la qualité des services aux passagers ;
les frais annexes supportés par les voyageurs.
Dans ce contexte, chaque nouvelle taxe, même réduite, peut influencer la décision finale du client.
Une baisse qui évite le pire... sans résoudre le problème
Ramener la taxe à 7 € est incontestablement préférable à 10 €.
Mais cette mesure ne répond pas à la question essentielle : comment préserver l'attractivité des aéroports belges face à une concurrence étrangère de plus en plus agressive ?
Les professionnels du voyage savent que chaque passager qui choisit un aéroport frontalier, ce sont des recettes qui échappent à l'économie belge : emplois, consommation, activités aéroportuaires et fiscales.
Notre position
La réduction de la taxe constitue un signal positif envers le secteur.
Mais elle ne doit pas masquer l'enjeu principal : renforcer la compétitivité globale des départs depuis la Belgique.
Le prix d'un voyage ne se limite plus au billet d'avion. Les voyageurs raisonnent désormais en coût total .
C'est sur cet ensemble que la Belgique devra rester compétitive si elle souhaite conserver ses passagers… plutôt que de les voir décoller depuis les aéroports voisins.
ETIENNE



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