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Le TO My Go mise sur l'Algérie : un potentiel touristique encore sous-estimé par le marché belge

  • il y a 34 minutes
  • 4 min de lecture

À l'occasion d'une rencontre avec Saadaoui Abdel, CEO de My Go, nous avons découvert un tour-opérateur qui affiche clairement ses ambitions sur un marché encore peu exploité par les professionnels belges : l'Algérie.


Basé en Belgique, My Go s'est spécialisé dans les destinations d'Afrique du Nord, tout en développant une expertise reconnue sur l'Égypte et la Turquie.


Mais aujourd'hui, l'entreprise souhaite aller plus loin en renforçant son positionnement sur l'ensemble du Maghreb, avec une attention toute particulière portée à l'Algérie.


Un acteur solidement implanté sur le terrain


Contrairement à de nombreux distributeurs européens, My Go dispose d'un réseau opérationnel particulièrement dense dans ses destinations.


Le groupe compte aujourd'hui :

  • 6 bureaux en Algérie

  • 2 bureaux en Tunisie

  • 2 bureaux au Maroc

  • 2 bureaux en Turquie

  • 1 bureau en Côte d'Ivoire

  • 1 bureau au Sénégal

  • 1 bureau en Espagne

  • 1 bureau en France

  • 1 bureau en Belgique

L'ouverture d'un bureau en Égypte est actuellement à l'étude.


Au total, près de 200 collaborateurs travaillent au sein du groupe, qui collabore avec plus de 10.000 agences de voyages à travers ses différents marchés.


Cette implantation locale constitue un véritable atout pour assurer un suivi opérationnel, une assistance sur place et un développement de produits adaptés aux attentes des voyageurs.


Une question qui interpelle…


Au cours de notre entretien, Saadaoui Abdel nous a posé une question qui mérite réflexion.


Pourquoi Brussels Airlines n'exploite-t-elle toujours aucune liaison vers l'Algérie ?


Aujourd'hui, Air Algérie et TUI fly Belgium desservent avec succès Alger et Oran. Il est vrai qu'une grande partie de leur clientèle est issue de la diaspora algérienne vivant en Belgique.


Mais cette réalité suffit-elle encore à expliquer l'absence du transporteur national belge sur cette destination ?


Car, au-delà du trafic dit « ethnique », le tourisme algérien évolue rapidement.


Une destination qui change de visage


Longtemps restée discrète sur la scène touristique internationale, l'Algérie commence progressivement à ouvrir davantage ses portes aux visiteurs étrangers.


Les investissements hôteliers en sont un bon indicateur.


Le groupe Accor y exploite déjà plusieurs enseignes internationales, parmi lesquelles :

  • Sofitel

  • MGallery

  • Novotel

  • Mercure

  • ibis

Une offre qui permet désormais d'accueillir aussi bien une clientèle d'affaires que des voyageurs de loisirs recherchant des standards internationaux.


Le développement progressif des infrastructures, l'amélioration de certaines procédures de visa et la volonté des autorités de promouvoir le tourisme constituent autant de signaux positifs.


Un visa qui reste le principal frein


Si l'Algérie multiplie les investissements pour développer son tourisme, un obstacle demeure pour le marché belge : les voyageurs belges doivent toujours obtenir un visa avant leur départ.


Contrairement au Maroc ou à la Tunisie, accessibles sans visa, cette formalité administrative constitue encore l'un des principaux freins à la commercialisation de la destination par les agences de voyages.


Les autorités algériennes semblent toutefois avoir pris conscience de cet enjeu.


Pour certaines régions du Grand Sud, notamment Djanet, Tamanrasset ou Timimoun, des procédures simplifiées permettent déjà, dans le cadre de voyages organisés avec des opérateurs agréés, d'obtenir un visa à l'arrivée.


Une évolution encourageante qui pourrait annoncer un assouplissement plus large à l'avenir et contribuer à faire découvrir davantage les richesses touristiques du plus vaste pays d'Afrique.


Une diversité touristique insoupçonnée


L'Algérie est le plus vaste pays d'Afrique.


Son potentiel touristique est considérable et reste largement méconnu en Europe.


Parmi ses principaux attraits figurent notamment :

  • Alger, la capitale, avec sa célèbre Casbah classée au patrimoine mondial de l'UNESCO et son architecture mêlant influences ottomanes et françaises.

  • Oran, ville dynamique tournée vers la Méditerranée, réputée pour son patrimoine, sa musique raï et son ambiance festive.

  • Constantine, la spectaculaire "ville des ponts suspendus", construite au-dessus de profondes gorges.

  • Le Tassili n'Ajjer, également inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, considéré comme l'un des plus beaux déserts du monde grâce à ses formations rocheuses et ses milliers de peintures rupestres.

  • Le Hoggar, ses montagnes volcaniques et les paysages exceptionnels de l'Assekrem, immortalisés par Charles de Foucauld.

  • Djemila, Timgad et Tipasa, parmi les plus remarquables sites romains d'Afrique du Nord.

  • Les 850 kilomètres de littoral méditerranéen, encore largement préservés du tourisme de masse.

  • Les oasis sahariennes comme Ghardaïa, Timimoun ou Béni Abbès, offrant une immersion dans les traditions du désert.

  • Les montagnes de Kabylie, riches d'un patrimoine culturel et artisanal unique.


Les agences belges ont-elles une carte à jouer ?


Le marché belge reste aujourd'hui essentiellement orienté vers le trafic VFR (Visiting Friends & Relatives) lorsqu'il s'agit de l'Algérie.


Pourtant, l'évolution de l'offre hôtelière, la richesse culturelle du pays et la présence d'acteurs spécialisés comme My Go pourraient progressivement faire évoluer cette perception.


L'Algérie ne deviendra probablement pas une destination de masse à court terme.


En revanche, elle possède de sérieux arguments pour séduire une clientèle en quête d'authenticité, de culture, de grands espaces et de nouvelles expériences, à l'heure où de nombreux voyageurs souhaitent sortir des itinéraires classiques.


Reste désormais à savoir si les compagnies aériennes, les tour-opérateurs et les distributeurs belges décideront d'accompagner ce mouvement… ou laisseront d'autres marchés européens prendre une longueur d'avance.


ETIENNE


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