Espace Wallonie de Bruxelles : un rôle stratégique à défendre, au-delà des chiffres
- Etienne De Nil
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
Une vitrine essentielle de la Wallonie au cœur de la capitale européenne
Ces derniers jours, une polémique a émergé dans la presse au sujet de l’Espace Wallonie de Bruxelles, situé rue du Marché aux Herbes. Le ton de l’article se voulait critique, voire vindicatif, en pointant notamment une fréquentation jugée trop faible : « à peine 40 visiteurs par jour ».
Une lecture rapide pourrait donner l’impression d’un outil coûteux et peu utile. Pourtant, cette approche oublie l’essentiel : l’Espace Wallonie de Bruxelles n’est pas un simple comptoir touristique. C’est un lieu institutionnel, stratégique, patrimonial… et pleinement cohérent dans la logique de visibilité de la Wallonie au cœur de la capitale européenne.
Un Espace de Wallonie avant d’être un office
Premier point trop peu rappelé : le bâtiment appartient à la Région wallonne. Et ce depuis plus de 30 ans. Nous ne sommes donc pas face à une location opportuniste ou un investissement récent, mais bien face à une implantation historique, pensée comme une présence wallonne permanente à Bruxelles.
Autre élément important : à l’étage se trouve un appartement de fonction destiné au Ministre-Président wallon en exercice. Ce détail change la lecture du dossier : cet espace est aussi un lieu institutionnel, un point de représentation, une forme d’“ambassade” wallonne au centre de Bruxelles.
Visit Wallonia : locataire et acteur public, pas simple occupant
Dans l’Espace Wallonie de Bruxelles, Visit Wallonia est locataire et assume une mission claire : assurer la visibilité touristique de la Wallonie dans la capitale.
Il s’agit d’un point d’ancrage essentiel, en alternance et en complémentarité avec le Service public de Wallonie (SPW).Autrement dit : ce lieu n’est pas un gadget marketing, mais un outil public de présence, de représentation et de service.
Rappel utile : le quartier général de Visit Wallonia se situe à Namur, ce qui confirme que Bruxelles n’est pas un “double siège”, mais bien un relais stratégique dans une ville qui concentre une clientèle internationale, institutionnelle et touristique.
Un lieu vivant : expositions, boutique et produits wallons
Réduire l’Espace Wallonie de Bruxelles à une simple porte d’entrée “peu fréquentée” est une erreur. Car ce lieu propose aussi :
un espace d’exposition, permettant de valoriser la culture et les thématiques wallonnes
une boutique, avec des produits wallons, qui participe à la mise en avant du terroir et de l’artisanat
une présence concrète dans un quartier central et touristique
Ce type d’endroit joue un rôle d’image et de rayonnement, qui ne se mesure pas uniquement en comptant les entrées quotidiennes.
40 visiteurs par jour ? Un chiffre à remettre en perspective
Le journaliste évoque environ 40 visiteurs par jour. Même si ce chiffre devait être exact, cela représente :
800 à 1.000 visiteurs par mois (selon les jours d’ouverture)
Dans un contexte où les voyageurs cherchent désormais leurs informations via :
sites web officiels
réseaux sociaux
Google Maps et avis
plateformes de réservation
…la fréquentation physique n’est plus l’unique indicateur pertinent.
Pourquoi être négatif ? Le tourisme change, les missions aussi
On ne peut pas juger un outil touristique actuel avec des critères dépassés. Aujourd’hui, un point d’accueil à Bruxelles doit surtout :
orienter et conseiller humainement
rassurer et guider sur place
représenter une destination dans un lieu à forte visibilité
soutenir des actions de promotion, des expositions et des partenariats
incarner une marque territoriale
Et sur ces missions, l’Espace Wallonie de Bruxelles a toute sa légitimité.
Conclusion : préserver un outil wallon à Bruxelles
La Wallonie a besoin de visibilité, surtout dans une capitale européenne où la concurrence touristique est permanente.
Dans ce cadre, l’Espace Wallonie de Bruxelles n’est pas un luxe, mais un outil stratégique, ancré dans la propriété régionale et dans une logique institutionnelle cohérente.
La question n’est pas uniquement : “combien de visiteurs entrent chaque jour ?”
La vraie question est : quel signal la Wallonie envoie-t-elle si elle renonce à sa présence au cœur de Bruxelles ?
ETIENNE
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