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Encore un argument négatif pour éloigner les touristes étrangers vers les USA ?

  • Etienne De Nil
  • 30 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Alors que les parcs nationaux américains battent des records de fréquentation, une nouvelle politique tarifaire change la donne pour les voyageurs internationaux. Les tarifs restent inchangés pour les résidents américains, mais augmentent fortement pour les visiteurs étrangers, parfois jusqu’à tripler. Pour les professionnels du voyage en Belgique, ce virage représente un risque commercial réel.


2024, une année historique pour les parcs américains


Le National Park Service (NPS) a comptabilisé en 2024 près de 332 millions de visites récréatives dans l’ensemble de ses 433 sites. Les parcs nationaux les plus emblématiques concentrent une grande part de ce flux.Great Smoky Mountains avoisine 12 millions de visites, Zion et Grand Canyon environ 5 millions chacun, Yellowstone près de 4,7 millions, Rocky Mountain et Yosemite autour de 4,1 millions.

2024 s’impose ainsi comme l’année la plus visitée de l’histoire du NPS, confirmant une tendance à la surfréquentation, surtout dans l’Ouest.


Pas encore de chiffres consolidés pour 2025


Les statistiques officielles du NPS sont publiées en début d’année suivante. Aucune donnée complète permettant d’analyser l’impact réel des nouvelles hausses ne sera disponible avant début 2026. Les retours de terrain (voyagistes, opérateurs locaux) seront donc cruciaux pour anticiper les effets à court terme.


Tarification différenciée: statu quo pour les Américains, choc pour les étrangers


Jusqu’à présent les entrées des parcs nationaux étaient globalement uniformes. La nouvelle grille établit un tarif stable pour les résidents américains, autour de 35 à 40 USD par véhicule. Pour les visiteurs étrangers, les prix annoncés montent à 90 à 100 USD par personne et par entrée.

Concrètement, un voyageur européen paiera entre deux et trois fois plus pour l’accès aux principaux parcs tels que Yosemite, Yellowstone, Zion, Bryce Canyon ou Grand Canyon, tandis que les passes annuels américains restent inchangés.


Exemple concret: une famille belge avec deux enfants


Road trip classique incluant quatre parcs nationaux. Famille de quatre personnes (deux adultes et deux enfants).

Ancien modèle: environ 35 USD par voiture et par parc.35 × 4 parcs = 140 USD au total.


Nouveau modèle: environ 100 USD par personne et par parc.100 × 4 personnes × 4 parcs = 1 600 USD.

La différence avoisine 1 460 USD, uniquement pour franchir les entrées des parcs. Pour de nombreux ménages, ce montant suffit à remettre en question le projet de voyage ou à réduire la sélection de sites visités.


Arguments officiels et perception européenne


Les autorités américaines invoquent la gestion durable, la protection contre la surfréquentation et le financement de l’entretien des sentiers et infrastructures. Sur le plan environnemental, ces raisons sont cohérentes.

Du côté européen, la mesure ressemble davantage à un tourisme à deux vitesses. Elle envoie le signal que le voyageur étranger sera le contributeur principal, tandis que le résident américain demeure protégé. Ce sentiment de déséquilibre peut altérer l’image d’accueil des États-Unis.


Conséquences pour les professionnels du voyage belges


Renchérissement des circuits: les forfaits Ouest américain voient leurs prix grimper de plusieurs centaines d’euros par personne. Le modèle devient moins compétitif face à des destinations nature alternatives comme le Canada, l’Islande, la Norvège, l’Écosse ou les Balkans.


Déplacement de la demande: une partie de la clientèle familiale et middle-market risque de se détourner des USA au profit de pays moins restrictifs dans leur politique tarifaire.


Recommandations


Diversifier les itinéraires en incluant des parcs moins iconiques mais spectaculaires, comme Canyonlands, Capitol Reef, Great Basin ou Olympic. Valoriser les expériences plutôt que l’addition de visites: randonnées guidées, photographies, nuitées en lodge nature, rencontres avec des communautés locales. Privilégier les saisons intermédiaires, plus calmes et parfois plus avantageuses.


Conclusion


Dans un contexte où les parcs américains accueillent près de 332 millions de visiteurs par an, le choix de faire payer davantage les touristes étrangers ressemble à un filtre sélectif. Pour les voyageurs belges, et les familles en particulier, cette hausse peut devenir un frein majeur. Aux professionnels du secteur de s’adapter rapidement, ou de constater que les paysages mythiques des États-Unis risquent de se détourner vers une clientèle de niche.


ETIENNE


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