Emirates Milan–Lima : les Lombards disent oui, les compagnies italiennes freinent
Nous avions évoqué dans Les Tagueurs du Voyage le projet d’Emirates de relier Milan à Lima grâce aux droits de cinquième liberté.
Le dossier poursuit son chemin et prend désormais une tournure politique : les responsables lombards et les milieux économiques soutiennent la liaison, tandis que plusieurs compagnies italiennes tentent d’en empêcher l’autorisation.
Pour Milan et sa région, accueillir une nouvelle liaison intercontinentale représente une occasion de renforcer l’attractivité du territoire.
Le président de la Lombardie, Attilio Fontana, le maire de Milan, Giuseppe Sala, ainsi que des représentants des entreprises et des aéroports milanais ont écrit au ministre des Transports, Matteo Salvini, pour défendre le projet.
Leur priorité : améliorer l’accès international d’une région fortement tournée vers les échanges.
Le potentiel semble justifier leur intérêt.
Selon les chiffres avancés dans cette démarche, environ 150.000 passagers voyagent chaque année entre Milan et Lima, actuellement avec correspondance.
À cette clientèle s’ajouteraient des possibilités de fret : un argument qui compte dans une région industrielle et exportatrice.
Pour rappel, la cinquième liberté permettrait à Emirates de vendre des billets entre l’Italie et le Pérou dans le prolongement d’un service depuis Dubaï.
Le modèle existe déjà sur Milan–New York. Il reste toutefois soumis aux autorisations nécessaires pour cette nouvelle desserte.
Une ouverture qui ne réjouit évidemment pas tout le monde.
ITA Airways, Neos et Aeroitalia s’opposent au projet.
Elles redoutent qu’Emirates développe progressivement un réseau long-courrier au départ de Malpensa et capte une partie du marché des transporteurs italiens.
L’opposition d’Aeroitalia est d’ailleurs révélatrice de la portée du débat : la compagnie n’exploite pas de vols intercontinentaux.
Leurs réserves commerciales sont compréhensibles.
Une compagnie défend ses investissements, ses perspectives et ses passagers. Mais les responsables locaux raisonnent autrement : pourquoi renoncer à une liaison susceptible de servir les entreprises, le tourisme et les habitants de leur région ?
Pour les professionnels du voyage, ce dossier illustre toute l’ambiguïté de la concurrence aérienne.
Une nouvelle ligne peut élargir les possibilités de vente et faciliter la construction d’itinéraires.
Elle peut aussi modifier les équilibres entre compagnies et aéroports. Quant à une éventuelle baisse des tarifs, elle reste une perspective, jamais une garantie.
Le projet, envisagé pour 2027, attend toujours son feu vert. Les soutiens lombards lui donnent davantage de poids politique, sans préjuger de la décision finale.
À Milan, beaucoup semblent donc prêts à accueillir Emirates vers Lima. Reste à convaincre Rome de laisser décoller le projet.
ETIENNE



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