Brussels Airlines : compagnie Belge... ou laboratoire du Lufthansa Group ?
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Brussels Airlines met en avant trois destinations nordiques pour la prochaine saison : Kittilä et Kemi en Finlande, ainsi qu’Evenes en Norvège. Trois destinations très « hiver », très nature, très aurores boréales… et forcément saisonnières.
Sur le plan touristique, le choix se défend parfaitement.
La Laponie et le Grand Nord connaissent un succès croissant auprès de la clientèle européenne. Brussels Airlines travaille d’ailleurs depuis plusieurs années avec le spécialiste belge Nordic, sur un marché qui séduit de plus en plus les voyageurs belges.
Mais pour les professionnels belges du voyage, une autre lecture mérite d’être posée.
Brussels Airlines devient-elle un « variable d’ajustement » du Lufthansa Group ?
L’expression est volontairement interrogative, mais la question mérite d’être posée.
Kittilä n’est absolument pas une terre inconnue pour Lufthansa Group. Lufthansa dessert directement Kittilä depuis Munich et renforce cette liaison durant l’hiver 2026-2027.
Et ce n’est pas tout : Discover Airlines dessert également Kittilä depuis Francfort, tandis qu’Eurowings propose également la destination sur son réseau hivernal.
Même constat pour Evenes, porte d’entrée des îles Lofoten. Discover Airlines est déjà présente sur cette destination depuis l’Allemagne.
Kemi est le cas le plus intéressant. Contrairement à Kittilä et Evenes, la destination apparaît davantage comme une véritable nouveauté dans le dispositif du groupe.
Autrement dit, Brussels Airlines n’invente pas seule une nouvelle stratégie nordique : elle s’insère clairement dans une stratégie déjà largement développée par Lufthansa Group dans le Grand Nord.
Le Grand Nord, un véritable axe stratégique
Lufthansa Group développe désormais un réseau impressionnant vers les destinations nordiques et arctiques. Lufthansa, Discover Airlines, Eurowings, Austrian et Brussels Airlines participent, chacune à leur manière, à cette offensive.
Ce n’est donc plus un marché de niche.
Le Grand Nord est devenu un véritable produit touristique aérien.
Et dans cette stratégie, Bruxelles devient un point de départ supplémentaire.
Laboratoire ou répartition intelligente des rôles ?
C’est probablement là que le débat devient intéressant.
On pourrait considérer que Lufthansa Group utilise Brussels Airlines pour tester depuis Bruxelles des destinations saisonnières, correspondant aux nouvelles tendances du tourisme loisirs, pendant que Francfort et Munich conservent leur rôle de grands hubs intercontinentaux.
Mais on peut aussi retourner complètement le raisonnement.
Brussels Airlines pourrait devenir le laboratoire belge du Lufthansa Group, capable de tester rapidement de nouvelles destinations, de nouveaux marchés et de nouvelles clientèles avant, pourquoi pas, de pérenniser les lignes qui rencontrent le succès.
Dans ce cas, être un « laboratoire » ne serait pas nécessairement négatif. Cela pourrait même offrir à Brussels Airlines davantage d’opportunités de développement au départ de Bruxelles.
La véritable question est ailleurs : quelle autonomie commerciale restera demain à la compagnie belge dans un Lufthansa Group de plus en plus intégré ?
Et pour les agences belges ? Plutôt une bonne nouvelle
Car au bout du compte, trois destinations nordiques supplémentaires accessibles depuis Brussels Airport constituent une excellente nouvelle pour le marché belge.
Le client qui veut voir les aurores boréales, découvrir la Laponie ou les Lofoten n’a plus nécessairement besoin de passer par Helsinki, Francfort ou Munich.
Et pour les agences, ces destinations sont particulièrement intéressantes : elles correspondent davantage à des voyages à forte valeur ajoutée – hébergement, excursions, motoneige, chiens de traîneau, activités hivernales, circuits – qu’à un simple city-trip acheté uniquement sur le prix du billet.
Reste donc cette interrogation :
Brussels Airlines construit-elle encore son propre réseau au départ de Bruxelles… ou devient-elle progressivement le laboratoire belge où Lufthansa Group teste les nouvelles tendances du voyage européen ?
Dans les deux cas, les trois nouvelles destinations hivernales mériteront d’être suivies de près.
Car derrière les aurores boréales pourrait bien se dessiner… une nouvelle répartition des rôles au sein du Lufthansa Group.
ETIENNE



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