visit.brussels sous régime sec : l’austérité menace-t-elle l’attractivité touristique de la capitale ?
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Alors que Bruxelles enregistre une reprise touristique solide, l’organisme chargé de promouvoir la destination entre dans une zone de fortes turbulences.
Selon plusieurs médias belges, un accord de principe est en préparation pour permettre le départ volontaire de 37 collaborateurs de visit.brussels, conséquence directe des importantes économies imposées par la Région bruxelloise. L’objectif affiché du gouvernement régional est de rétablir l’équilibre budgétaire d’ici 2029.
La dotation de visit.brussels, qui atteignait 22,4 millions d’euros en 2025, devrait être progressivement réduite, avec une première baisse de 3 millions d’euros dès 2026, avant d’autres coupes dans les années suivantes.
À terme, le budget annuel pourrait être ramené à environ 12 millions d’euros, soit près de la moitié des moyens actuels.
Le plan évoqué prévoit 29 départs volontaires dès juillet 2026, puis 8 supplémentaires fin 2027. Si l’économie annuelle attendue avoisine les 3 millions d’euros, le coût du plan social dépasserait lui-même les 3,5 millions d’euros sur deux ans.
Une réduction de plus de 20 % des effectifs
L’ampleur de la restructuration impressionne. Avec environ 180 collaborateurs, le départ programmé de 37 salariés représente plus de 20 % des effectifs, soit plus d’un employé sur cinq.
Une telle réduction est particulièrement rare pour un organisme de promotion touristique. Dans le secteur public ou parapublic, les restructurations dépassant 10 % des effectifs sont déjà considérées comme majeures.
Un contraste frappant avec la Flandre et la Wallonie
À ce jour, Tourism Vlaanderen et Visit Wallonia (Wallonie Belgique Tourisme) n’ont annoncé aucune restructuration comparable.
Alors que Tourism Vlaanderen emploie plusieurs centaines de collaborateurs et poursuit sa stratégie de promotion internationale, et que Visit Wallonia maintient également ses actions de développement touristique, visit.brussels deviendrait le seul grand organisme touristique régional belge à perdre plus de 20 % de son personnel.
Cette différence de traitement budgétaire risque d’alimenter le débat sur les priorités politiques en matière de tourisme et d’attractivité internationale.
Un paradoxe au moment où Bruxelles bat des records
Le contraste est saisissant. Car, dans le même temps, le tourisme bruxellois affiche des résultats particulièrement encourageants, avec 9,6 millions de nuitées hôtelières en 2025, un taux d’occupation proche de 75 % et 6,6 millions de visiteurs dans les musées et attractions.
Pour de nombreux acteurs du secteur, la question est désormais simple : peut-on réduire drastiquement les moyens de promotion d’une destination au moment où celle-ci retrouve sa dynamique internationale ?
Autre symbole qui fait réagir : l’office du tourisme situé sur la Grand-Place pourrait fermer ses portes dès cet été, selon des témoignages relayés dans la presse. Une décision qui surprend dans une ville qui ambitionne de renforcer son attractivité auprès des visiteurs internationaux.
Une information largement relayée dans les médias belges
Le dossier a bénéficié d’une importante couverture médiatique. Les réductions budgétaires et leurs conséquences pour visit.brussels ont été reprises par plusieurs médias nationaux et régionaux, soulignant l’inquiétude suscitée par l’ampleur des économies envisagées.
Pour les professionnels du voyage, cette évolution mérite d’être suivie avec attention. Bruxelles demeure la première destination urbaine du pays et une porte d’entrée essentielle pour le tourisme international. Affaiblir durablement son organisme de promotion pourrait avoir des répercussions sur la visibilité de la capitale, sur sa capacité à attirer congrès et événements internationaux, ainsi que sur l’ensemble de la chaîne touristique belge.
Avec une réduction de plus de 20 % de ses effectifs, visit.brussels s’apprête à connaître une cure d’austérité sans équivalent parmi les grands organismes touristiques régionaux du pays.
Un choix budgétaire qui intervient paradoxalement au moment où les indicateurs touristiques de la capitale sont au vert.
ETIENNE
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