Venise : demain 50 euros pour entrer dans la ville ? Et après, pourquoi pas 100 ?
- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
La Sérénissime n'en finit plus de chercher la formule magique contre le surtourisme.
Après avoir instauré en 2024 un droit d'accès pour les visiteurs d'un jour, fixé à l'origine à 5 euros puis porté à 10 euros selon les conditions de réservation, la ville de Venise envisage désormais de franchir un nouveau cap.
Le nouveau maire, Simone Venturini, souhaite en effet obtenir l'autorisation de porter ce droit d'entrée entre 30 et 50 euros par personne lors des périodes de très forte affluence.
Pour rappel, le système s'applique principalement aux excursionnistes qui visitent Venise sans y passer la nuit.
En 2026, le dispositif couvre déjà 60 journées entre avril et juillet, contre seulement 29 lors de son lancement. Les visiteurs concernés doivent s'enregistrer et obtenir un QR code sous peine d'amendes pouvant atteindre 300 euros.
Le vrai débat : limiter les visiteurs ou augmenter les recettes ?
Officiellement, l'objectif reste de lutter contre le surtourisme et de protéger une ville dont les infrastructures sont mises à rude épreuve par des dizaines de milliers de visiteurs quotidiens.
Certaines journées voient encore affluer jusqu'à 80.000 personnes dans le centre historique.
Mais une question commence à se poser dans le secteur touristique : si les droits d'entrée passent à 50 euros et que les visiteurs continuent malgré tout à venir, le système peut-il encore être présenté comme un outil de régulation ?
Car les premières expériences montrent que les taxes de 5 à 10 euros n'ont eu qu'un impact limité sur les volumes de visiteurs. Elles ont surtout permis à la ville de générer de nouvelles recettes.
50 euros suffiront-ils à dissuader ?
Posons la question de manière volontairement provocatrice.
Si l'objectif est réellement de réduire les flux touristiques pendant certaines périodes, 50 euros par personne seront-ils suffisants ?
Pour un couple ayant déjà payé son transport, son parking ou son billet de train, 100 euros supplémentaires représentent certes une somme importante, mais pas forcément dissuasive lorsqu'il s'agit d'une visite unique de l'une des villes les plus célèbres du monde.
À ce rythme, certains observateurs s'interrogent déjà : faudra-t-il un jour fixer le droit d'entrée à 75 euros, voire 100 euros par personne pour obtenir un réel effet sur la fréquentation ?
Une hypothèse qui ferait évidemment bondir les défenseurs d'un tourisme accessible à tous.
Les professionnels du voyage concernés
Pour les agences de voyages et les tour-opérateurs belges, cette évolution mérite une attention particulière.
Même si les clients séjournant dans Venise ou dans certaines zones de la commune restent exemptés du paiement, la multiplication des règles, des QR codes, des exemptions et des périodes tarifaires complique progressivement la préparation des voyages.
La situation soulève également une réflexion plus large pour l'ensemble des destinations européennes confrontées au surtourisme.
Venise expérimente aujourd'hui ce que Barcelone, Amsterdam, Santorin ou certaines villes historiques françaises observent également avec attention : jusqu'où peut-on taxer un visiteur avant que celui-ci ne change réellement son comportement ?
La réponse vaut probablement bien davantage que 50 euros.
ETIENNE
%20(500%20x%20200%20px).png)



Commentaires