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Tourisme mondial : 2027, l’année où l’industrie espère enfin respirer ?

il y a 2 jours
3 min de lecture

Ukraine, Moyen-Orient, tensions géopolitiques et élections américaines : le voyage continue de progresser, mais l’industrie attend surtout davantage de visibilité.


Le tourisme mondial va-t-il devoir attendre 2027 pour réellement respirer ?


À première vue, la question peut sembler paradoxale.


Car les voyageurs, eux, continuent de voyager. Selon le WTTC, le Travel & Tourism devrait représenter environ 12.000 milliards de dollars en 2026, soit 9,9 % de l’économie mondiale, avec une croissance attendue de 3,2 %, supérieure à celle de l’économie mondiale.


Le problème n’est donc pas l’envie de voyager. C’est l’incertitude.


L’Ukraine : une guerre qui s’installe dans la durée


La guerre en Ukraine continue de peser sur l’Europe : fermeture de certains espaces aériens, modification des routes aériennes, incertitudes énergétiques et, surtout, disparition touristique presque totale de l’Ukraine et forte perturbation des flux dans son environnement régional.


Une fin du conflit — ou même une stabilisation durable — pourrait progressivement rouvrir des perspectives touristiques en Europe orientale et améliorer le climat général de confiance.


Mais personne ne peut aujourd’hui fixer sérieusement une date à cette éventuelle normalisation.


Le Moyen-Orient : le véritable point sensible pour l’aérien mondial


Le Moyen-Orient est encore plus stratégique pour notre industrie.


Dubai, Doha, Abu Dhabi ou Bahreïn ne sont pas seulement des destinations : ce sont des carrefours essentiels entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie.


Le WTTC estime que le Moyen-Orient assure environ 14 % du trafic international de transit.


Les conflits et perturbations de l’espace aérien ont donc des conséquences bien au-delà de la région.


Le WTTC prévoit d'ailleurs une contraction de 14,5 % de l'économie Travel & Tourism du Moyen-Orient en 2026, tout en estimant que la région pourrait redevenir, sur la période 2026-2036, l'une des grandes locomotives de croissance du tourisme mondial.


Autrement dit : le potentiel n’a pas disparu, il est momentanément freiné par la géopolitique.


Et les élections américaines de novembre ?


Les midterms américains de novembre 2026 constituent un autre rendez-vous observé par les marchés.


Elles renouvelleront l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants et environ un tiers du Sénat.


Il serait toutefois excessif d'affirmer que le tourisme mondial « attend » ces élections.


Leur résultat peut influencer le contexte politique américain et les débats futurs sur les relations internationales, l’économie ou certaines politiques de voyage, mais elles ne constituent pas à elles seules un bouton ON/OFF pour le tourisme mondial.


D'autant que le marché touristique américain connaît ses propres difficultés : selon le WTTC, les arrivées internationales aux États-Unis avaient diminué de 5,5 % en 2025, tandis que les dépenses des visiteurs internationaux reculaient de 4,6 %.


Le voyage résiste mieux que les crises


C'est peut-être finalement la grande leçon de ces dernières années.


Pandémie, inflation, guerres, incendies, tensions politiques, hausse des prix, grèves, restrictions aériennes… à chaque crise, on annonce un tourisme durablement fragilisé.


Et pourtant, il repart.


Une étude du WTTC portant sur 100 crises sur quatre décennies conclut que les destinations ont généralement retrouvé, puis souvent dépassé, leur niveau touristique antérieur une fois la crise passée.


Plus significatif encore : les investissements mondiaux dans le Travel & Tourism ont dépassé 1.000 milliards de dollars en 2025.


Les investisseurs semblent donc continuer à croire au voyage à long terme malgré l'instabilité géopolitique.


Alors, qu’attend réellement le tourisme ?


Pas nécessairement une élection américaine.


Pas davantage une hypothétique journée où toutes les guerres prendraient simultanément fin.


L’industrie attend surtout de la visibilité.


Les compagnies aériennes doivent planifier leurs flottes plusieurs années à l'avance. Les tour-opérateurs programment leurs destinations. Les hôtels investissent. Les aéroports développent leurs infrastructures.


Et les agences doivent rassurer leurs clients.


Pour tous ces acteurs, l’incertitude permanente est parfois presque aussi difficile à gérer que la crise elle-même.


Une stabilisation en Ukraine et au Moyen-Orient changerait donc incontestablement la donne.


Elle pourrait libérer des destinations, sécuriser davantage les grandes routes aériennes et surtout restaurer une confiance indispensable aux investissements.


2027 pourrait alors devenir non pas l’année du retour du tourisme — puisqu’il n’a jamais vraiment disparu — mais celle où l’industrie du voyage retrouverait enfin un peu de visibilité.


Et dans notre métier, savoir un peu mieux de quoi demain sera fait serait déjà une excellente nouvelle.


ETIENNE

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