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Incendies en Europe : demain, faudra-t-il choisir ses vacances en fonction du risque climatique ?

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

Les images se répètent désormais presque chaque été : forêts en flammes, routes coupées, hôtels évacués, touristes déplacés en urgence et avions bombardiers d’eau survolant des stations balnéaires.


Et cet été 2026 ne fait pas exception. Des incendies importants touchent ou ont touché plusieurs régions de France, Espagne, Portugal, Grèce, Italie, Croatie et Turquie, avec parfois des conséquences directes sur les zones touristiques.


Ces derniers jours encore, des centaines de touristes ont dû être évacués en Grèce et en Croatie.


Pour les professionnels belges du voyage, une question mérite donc d’être posée :

Les incendies vont-ils progressivement modifier notre manière de vendre les vacances d’été ?


Ce qui était autrefois considéré comme un événement exceptionnel pourrait devenir un élément supplémentaire dans le choix d'une destination.


La Commission européenne elle-même constate que la superficie brûlée dans l'Union européenne a dépassé un million d'hectares en 2025, un record, et souligne que la taille et l'intensité des incendies augmentent.


Elle demande d'ailleurs que la sensibilisation au risque d'incendie soit davantage intégrée au secteur touristique.


La mer plutôt que l’arrière-pays ? Pas si simple


On pourrait imaginer que les vacanciers privilégieront demain davantage les stations situées directement sur le littoral, perçues comme plus sécurisantes que les villas, campings ou hôtels installés au milieu des pinèdes et dans les arrière-pays méditerranéens.


Mais attention : littoral ne signifie pas automatiquement sécurité.


Les événements récents en Grèce et surtout sur la côte croate le démontrent : un incendie poussé par des vents violents peut parfaitement atteindre une station balnéaire et imposer des évacuations, parfois même par bateau.


Le véritable critère de demain pourrait donc être moins « bord de mer ou intérieur des terres ? » que « destination préparée ou destination vulnérable ? »


Accès routiers multiples, plans d'évacuation, proximité des secours, débroussaillage, systèmes d'alerte, capacité des hôtels à gérer une crise : voilà des éléments qui pourraient progressivement entrer dans l'équation touristique.


Le calendrier des vacances pourrait surtout changer


La transformation la plus importante pourrait cependant venir d'ailleurs.


Pourquoi continuer systématiquement à concentrer les vacances méditerranéennes en juillet et août, précisément lorsque chaleur extrême, sécheresse et risque d'incendie atteignent leur maximum ?


Demain, mai, juin, septembre et octobre pourraient devenir les nouveaux mois forts de la Méditerranée.


Cette évolution est déjà envisagée par les études européennes.


Les projections du Joint Research Centre montrent qu'avec le réchauffement, la demande touristique estivale pourrait diminuer dans certaines régions côtières du sud de l'Europe, tandis que les voyages augmenteraient au printemps, en automne et dans certaines régions du nord de l'Europe.


Et le Nord pourrait devenir le grand gagnant


Belgique, Pays-Bas, Bretagne, Normandie, côtes allemandes, Danemark, Suède, Norvège, Finlande ou pays baltes pourraient bénéficier d'une recherche croissante de températures plus modérées.


Le fameux « sun & beach » pourrait progressivement être rejoint par le « coolcation » : partir non plus nécessairement chercher 35 degrés, mais justement les éviter.


La Commission européenne estime d'ailleurs que le changement climatique pourrait redistribuer les flux touristiques européens au détriment de certaines régions méditerranéennes et au bénéfice de régions plus septentrionales.


Une nouvelle responsabilité pour les agences ?


Pour l'agent de voyages belge, cela pourrait également changer le conseil au client.


Hier, on comparait essentiellement le prix, l'hôtel, la plage, les horaires de vol et la météo.


Demain, faudra-t-il également regarder le niveau de risque climatique de la région, les possibilités d'évacuation, les garanties d'assurance et les solutions proposées par le tour-opérateur en cas d'incendie ?


La question n'est plus totalement théorique : une récente enquête britannique indiquait que 35 % des vacanciers interrogés avaient modifié leurs projets d'août en raison des incendies européens, l'Espagne arrivant en tête des destinations concernées.


Le tourisme méditerranéen ne va évidemment pas disparaître


L'Espagne, la Grèce, l'Italie, le Portugal, la Croatie ou la Turquie resteront des poids lourds du tourisme européen.


Mais leur saison pourrait progressivement s'allonger tout en se déplaçant hors du cœur brûlant de juillet-août.


Et c'est peut-être finalement là que se trouve la véritable révolution.


Après des décennies durant lesquelles le vacancier demandait :


« Où fait-il le plus chaud ? »


l'agent de voyages pourrait bientôt entendre de plus en plus souvent :


« Où fait-il encore agréablement chaud… mais sans trop de risques ? »


Pour les professionnels du voyage, cette petite différence pourrait bien devenir l'un des grands enjeux des prochaines années.


ETIENNE

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