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Heathrow ouvre la boîte de Pandore : bientôt des billets d’avion beaucoup plus chers en Europe ?

il y a 17 heures
2 min de lecture

Les exigences climatiques entourant la troisième piste d’Heathrow posent une question qui dépasse le Royaume-Uni : combien coûtera demain la décarbonation du transport aérien européen ?


Le projet de troisième piste à London Heathrow vient de recevoir un sérieux feu orange climatique.


Le Climate Change Committee (CCC), organisme indépendant qui conseille le gouvernement britannique, estime que l’extension n’est pas compatible, dans les conditions actuelles, avec l’objectif britannique de neutralité carbone en 2050.


Il ne ferme pourtant pas la porte au projet.


Mais il demande que le secteur aérien assume davantage le coût de ses émissions, notamment par l’utilisation croissante de carburants durables (SAF) et, pour les émissions résiduelles, par des technologies de captage durable du CO₂.


Jusqu’à 400 £ de plus sur un Londres–New York ?


C’est là que le dossier devient particulièrement intéressant pour les professionnels du voyage.


Selon les estimations avancées par le CCC, cette transition pourrait représenter, à l’horizon 2050 et en valeur actuelle, environ 150 £ supplémentaires sur un aller-retour Londres–Alicante et jusqu’à 400 £ sur Londres–New York.


Ce ne sont évidemment pas des augmentations annoncées pour demain, mais une projection du coût potentiel de la décarbonation.


Heathrow aujourd’hui, d’autres aéroports demain ?


L’Europe n’a pas attendu Heathrow. ReFuelEU Aviation impose déjà une augmentation progressive de la part des SAF, tandis que l’EU ETS renchérit progressivement le coût des émissions du transport aérien.


Le cas britannique pourrait néanmoins renforcer un débat déjà présent ailleurs en Europe : jusqu’où peut-on développer les capacités aéroportuaires tout en respectant des objectifs climatiques de plus en plus exigeants ?


Cela ne signifie pas que le modèle britannique sera automatiquement appliqué à Amsterdam, Paris, Francfort ou Bruxelles.


Chaque aéroport évolue dans un contexte réglementaire, économique et environnemental différent.


Pour Brussels Airport, il s’agit donc davantage d’un dossier européen à observer que d’une menace directe. La Belgique est déjà soumise au cadre climatique européen et les futurs choix concernant l’aéroport dépendront aussi de décisions belges et européennes spécifiques.


Une question finalement très simple


SAF, quotas carbone, taxes, investissements environnementaux : tous ces coûts risquent, au moins en partie, de se retrouver progressivement dans le prix du billet.


Pour les professionnels du voyage, la véritable question devient alors :


sommes-nous entrés dans une période où la décarbonation nécessaire de l’aviation rendra progressivement le transport aérien plus cher ?


Heathrow ne donne pas encore la réponse. Mais il vient de poser la question très clairement.


ETIENNE

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