Afrique–Bruxelles : Ethiopian et Qatar préparent-ils une nouvelle concurrence à Brussels Airlines ?
Air Congo soutenue par Ethiopian, RwandAir alliée à Qatar Airways, Emirates via Dubaï : plusieurs grands acteurs renforcent leur présence sur les flux entre la Belgique et l’Afrique. Faut-il y voir les prémices d’une concurrence plus musclée pour Brussels Airlines ?
Pendant des décennies, Brussels Airlines et, avant elle, Sabena ont fait de Bruxelles l’une des principales portes européennes vers l’Afrique. Mais le paysage évolue et quelques mouvements récents méritent d’être mis bout à bout.
Ethiopian avance avec Air Congo
Premier dossier : Ethiopian Airlines et Air Congo.
Air Congo n’est pas simplement une nouvelle compagnie congolaise cherchant à se développer. Elle est détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines, qui participe également à son développement.
Et surtout, Air Congo a lancé en juillet 2026 une liaison Kinshasa–Bruxelles, opérée avec un Boeing 787-8 fourni par Ethiopian Airlines en wet lease.
Ethiopian dispose donc désormais de deux leviers intéressants sur le marché belge : son propre réseau via Addis-Abeba et son implication dans Air Congo, avec Bruxelles comme première destination intercontinentale de cette dernière.
Pour Brussels Airlines, historiquement très présente en République démocratique du Congo, l’évolution mérite évidemment d’être suivie.
Qatar Airways avance avec RwandAir
Un deuxième axe attire l’attention : Qatar Airways–RwandAir.
Les deux compagnies ont développé un partenariat commercial et un accord de partage de codes permettant de combiner le réseau mondial de Qatar Airways avec de nombreuses destinations africaines de RwandAir.
Or RwandAir dessert également Bruxelles–Kigali.
Nous avons donc deux constructions différentes mais intéressantes :
Bruxelles – Kinshasa – Air Congo – Ethiopian Airlines
et
Bruxelles – Kigali – RwandAir – Qatar Airways.
Derrière ces compagnies africaines se trouvent deux grands transporteurs disposant d’une puissance commerciale, d’un réseau international et de hubs capables d’alimenter de nombreuses correspondances.
Et Emirates dans cette équation ?
Il ne faudrait pas oublier Emirates, même si son modèle est différent.
La compagnie ne dispose pas actuellement d’un partenaire africain comparable à Air Congo pour Ethiopian ou à RwandAir pour Qatar Airways.
Mais avec ses vols entre Bruxelles et Dubaï et son vaste réseau international, Emirates capte déjà une partie des voyageurs belges se rendant en Afrique, particulièrement vers l’Afrique orientale et australe.
La concurrence pour Brussels Airlines ne vient donc plus uniquement des compagnies reliant directement Bruxelles au continent africain.
Elle vient également des grands hubs internationaux capables de proposer, avec une correspondance, un choix important de destinations.
Ethiopian via Addis-Abeba, Qatar Airways avec Doha et RwandAir/Kigali, Emirates via Dubaï : les chemins entre Bruxelles et l’Afrique se multiplient.
Brussels Airlines est-elle menacée ?
Le mot serait probablement trop fort, surtout à court terme.
Brussels Airlines conserve des atouts considérables : son expérience historique du marché africain, sa connaissance des clientèles, son implantation à Brussels Airport et surtout son important réseau direct vers l’Afrique subsaharienne.
Elle bénéficie également de la puissance du Lufthansa Group, dont elle constitue un centre d’expertise important pour l’Afrique.
Mais la concurrence devient incontestablement plus structurée.
Ethiopian développe depuis plusieurs années un modèle de participations et de partenariats avec des compagnies africaines.
Qatar Airways renforce son partenariat avec RwandAir.
Emirates continue pour sa part à attirer des passagers européens vers son hub de Dubaï.
Une bataille qui dépasse Kinshasa et Kigali
C’est peut-être là que se situe la véritable question pour les professionnels belges du voyage.
Il ne s’agit pas uniquement de savoir si Air Congo prendra des passagers à Brussels Airlines sur Kinshasa ou si RwandAir progressera sur Kigali.
La question est de savoir comment seront répartis demain les flux entre Bruxelles, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe.
Brussels Airlines possède une longueur d’avance historique importante et surtout l’avantage du vol direct au départ de Bruxelles vers de nombreuses destinations africaines.
Mais ses concurrents disposent de hubs puissants, de réseaux mondiaux et, pour certains, de partenaires africains capables de devenir progressivement de véritables relais régionaux.
Les Tagueurs du Voyage s’interrogent
Assistons-nous simplement au développement normal de compagnies et de partenariats africains ?
Ou voyons-nous progressivement apparaître une nouvelle bataille pour le marché Belgique–Afrique, avec Brussels Airlines/Lufthansa d’un côté et des acteurs comme Ethiopian, Qatar Airways/RwandAir et Emirates de l’autre ?
À court terme, Brussels Airlines reste solidement installée.
À moyen terme, le marché africain au départ de Bruxelles pourrait toutefois devenir beaucoup plus disputé.
Et pour les agences de voyages belges, cette concurrence peut aussi avoir un côté positif : davantage de capacités, de combinaisons, de produits et, espérons-le, des tarifs plus compétitifs pour leurs clients.
ETIENNE



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