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La Belgique du cargo aérien parle enfin d’une seule voix : révolution digitale en vue dans les douanes

  • 25 mai
  • 3 min de lecture

C’est un partenariat inédit — et hautement stratégique — qui vient d’être lancé dans le paysage aérien belge. Brussels Airport, Liège Airport et Ostend-Bruges Airport unissent leurs forces pour harmoniser et digitaliser les procédures douanières du fret aérien.

Derrière cette initiative se cache un enjeu majeur : simplifier et accélérer les flux cargo internationaux au moment où l’Europe impose une profonde modernisation de ses systèmes douaniers via le programme MASP-C.

Pour les professionnels belges du transport, de la logistique et du commerce international, le message est clair : la Belgique veut consolider sa position de hub logistique européen face à la concurrence croissante des grands aéroports voisins.


Une petite révolution pour le fret aérien belge


Aujourd’hui encore, de nombreuses entreprises cargo communiquent partiellement avec les douanes via l’ancien système PLDA (PaperLess Douane et Accises).

Le nouveau modèle change la donne.

Les acteurs du fret pourront désormais introduire leurs déclarations douanières de stockage temporaire via des portails digitaux intégrés aux plateformes communautaires des aéroports :

  • BRUCloud pour Brussels Airport

  • LGG Tracking pour Liège Airport


L’objectif est simple :offrir aux entreprises un fonctionnement identique quel que soit l’aéroport belge utilisé.

Les systèmes seront connectés directement aux plateformes électroniques des douanes afin de permettre :

  • l’envoi des déclarations ;

  • le suivi en temps réel ;

  • les réponses automatisées des autorités douanières.

Une uniformisation qui pourrait considérablement réduire la complexité administrative et accélérer les opérations import-export.


Une alliance rare dans l’aviation belge


Le plus remarquable reste sans doute la coopération elle-même.

Historiquement, les aéroports belges évoluent davantage comme concurrents que comme partenaires, particulièrement dans le secteur du cargo où :

  • Liège domine l’express et l’e-commerce ;

  • Brussels Airport mise davantage sur le fret premium et pharmaceutique ;

  • Ostende cherche à renforcer son positionnement niche.

Voir ces trois plateformes s’aligner sur une même architecture digitale constitue donc un signal fort.


Le projet est coordonné par Air Cargo Belgium et LGG Connect, avec l’ambition de rendre le système opérationnel d’ici fin 2026.


La Belgique veut sécuriser son rôle de hub européen


Cette standardisation pourrait devenir un véritable argument commercial à l’international.

Pour les transitaires, compagnies cargo et multinationales, travailler avec des procédures identiques entre plusieurs aéroports représente :

  • moins de coûts ;

  • moins d’erreurs ;

  • une meilleure fluidité opérationnelle ;

  • une adaptation plus facile aux futures règles européennes.

Dans un contexte où les grands hubs européens investissent massivement dans l’automatisation et l’intelligence logistique, la Belgique tente ici de jouer collectif plutôt que fragmenté.


Une tendance qui dépasse largement le cargo


Même si ce projet concerne directement le fret, il illustre une évolution beaucoup plus large du secteur aérien :la digitalisation accélérée des infrastructures aéroportuaires.

Après :

  • les contrôles biométriques passagers ;

  • les e-gates ;

  • les bagages intelligents ;

  • les opérations cargo automatisées ;

les procédures douanières deviennent à leur tour un terrain stratégique.


Et dans cette course technologique, la Belgique semble vouloir éviter que chaque aéroport développe son propre système isolé.


Une question désormais centrale


Cette coopération digitale entre les principaux aéroports cargo belges pourrait-elle devenir un modèle européen ?


Ou assistera-t-on demain à une concurrence entre “écosystèmes logistiques nationaux”, où les pays capables d’offrir les procédures les plus simples capteront une part croissante du commerce mondial ?


Une chose est certaine :

dans le cargo aérien moderne, la rapidité administrative devient presque aussi importante que la rapidité des avions.


ETIENNE

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